lundi 28 janvier 2013

Petite théologie des sacrements

Des signes pour sauver






Introduction



Faire signe, quand on aime, c’est manifester de la tendresse, c’est donner de la vie.

Parce que Dieu est Amour (IJn 4,8), il ne cesse de nous « faire signe ». Il l’a fait déjà dans la création par amour. Il l’a renouvelé dans l’épopée de l’alliance avec son peuple Israël. Il l’a exprimé surtout dans la personne de Jésus-Christ, le grand signe de son amour pour toute l’humanité (Cf. Jn 3,16). Ce Jésus, le fils de Dieu et notre frère, a signifié l’amour du Père dans le mystère de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, signe offert pour le salut du monde. En passant parmi nous en faisant le bien, il a témoigné de cet amour par des paroles et des gestes qui sauvent, et d’abord au contact des petits, des malheureux et des pécheurs. Sous la guidée de l’Esprit de Pentecôte, l’Eglise a recueilli ces gestes en les ritualisant peu à peu, dans la mise en forme de sept sacrements. Ils sont encore efficaces aujourd’hui, car ils font mémoire de la bonté du Christ pour tous et continuent de nous la transmettre, pour nous permettre de vivre ici-bas selon l’évangile, tout en nous préparant au Royaume de Dieu.



Le baptême



Pour un être humain, la première merveille, c’est d’exister comme créature « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1,27). Mais, à cause du péché de nos pères et à cause des nôtres, nous avons aussi besoin de « renaître d’en-haut », dans un sacrement qui nous confère la vie nouvelle, celle que Jésus nous a obtenue par sa mort et sa résurrection. Par le baptême dans l’eau et l’Esprit, Jésus nous ouvre les portes du salut. Il fait de nous des fils et des filles de son Père et notre Père. Désormais consacrés par l’Esprit, nous sommes membres de son peuple, l’Eglise, qui constitue la communauté des croyants en marche vers le Royaume. Notre vie est configurée à celle de Jésus. C’est pourquoi nous pouvons vivre de l’Evangile en devenant des témoins de la nouveauté chrétienne en ce monde.



Cf. Mt 28,16-20 Jn 3,38 Rm 6,1-13 IP 2,4-10



La confirmation



Vivre selon l’Esprit de l’évangile dans ce monde, c’est une magnifique vocation, qui exige aussi des lumières et des forces surhumaines. Comme les apôtres n’ont pu accomplir leur mission qu’après avoir reçu la plénitude de l’Esprit le jour de la Pentecôte, ainsi les chrétiens reçoivent-ils le sacrement de la confirmation dans la puissance du même Esprit. Dans ce sacrement, ils puisent des énergies nouvelles pour affronter la vie difficile que leur impose un monde éloigné de Dieu. L’imposition des mains et l’onction d’huile consacrée par l’évêque signifient ce supplément de dons qui leur permettent de confirmer librement leur baptême. En même temps la confirmation les envoie, encore mieux armés spirituellement, pour accomplir joyeusement leur mission de témoins chrétiens dans la société, en communion avec toute l’Eglise qui a prié pour eux.



Cf. Jn 15,26-27 Ac 2 Rm 8,2-27 Ga 5,22-26







La réconciliation



Notre vocation à la sainteté de vie se heurte à nos faiblesses personnelles et au « péché du monde ». Il nous arrive de tomber en commettant des péchés qui nous éloignent -et parfois nous coupent- de l’amour du Père. Heureusement, cet amour nous est toujours offert. Dieu est le bon pasteur qui va sans cesse à la recherche de la brebis perdue. Un sacrement signifie et opère notre retour vers Dieu, qu’on appelle la conversion. A travers le sacrement du pardon, sous les diverses formes qu’il a revêtues au cours des siècles, c’est l’amour du Père qui se manifeste comme plus fort que notre péché, tout en respectant notre liberté. Nous allons recevoir l’absolution de nos fautes avec le regret de les avoir commises, mais surtout avec la joie de nous savoir à nouveau sauvés, pour recommencer une vie plus belle avec les secours intérieurs de la grâce de Dieu. Tel est le beau sacrement de notre libération par la miséricorde de Dieu, ainsi que Jésus la manifestait dans ses rencontres avec les pécheurs en quête de pardon et de vraie liberté.



Cf. Lc 15 et 19,1-10 Jn 20,19-23 IICo 5,17-6,2



L’eucharistie



L’eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne, nous rappelle le concile Vatican II. Il est le grand mystère de notre foi. Il est surtout un immense rendez-vous d’amour avec le Christ vivant. Dans ce repas sacré, Jésus continue de nous toucher avec toute son humanité, puisqu’il s’offre en nourriture spirituelle par la communion à son corps et à son sang. Il n’y a pas d’intimité plus profonde avec le Christ ressuscité, que cette rencontre mystérieuse avec lui. En même temps, Jésus nous donne les uns aux autres pour former le corps de l’Eglise rassemblée par sa parole et nourrie par son propre corps, toujours offert pour le salut du monde. Les chrétiens croient que le signe du pain et du vin partagés contient la présence réelle de Jésus, y compris lorsque la liturgie cesse et que peut continuer l’adoration. Rassasiés par le pain qui donne la vie éternelle, nous pouvons faire de nos vies une meilleure présence d’amour à nos frères et sœurs. Car il s’agit de devenir « eucharistiques » par toute notre existence si bien nourrie par le Pain de Dieu pour la route humaine.



Cf. Jn 6 Lc 22,15-20 24,13-35 ICo 10,14-22



Le sacrement des malades



Tout l’évangile nous raconte comment Jésus éprouva une compassion particulière à l’égard des malades. Il a inventé des gestes de salut pour les réconforter et parfois les guérir. C’est pourquoi les malades et leurs proches cherchaient à le rencontrer, pleins de foi. L’Eglise, à la suite des apôtres, a retenu cette attitude de Jésus comme une invitation à signifier particulièrement l’amour du Christ par un sacrement destiné aux malades. Par la prière, par l’imposition des mains et par l’onction d’une huile consacrée, le prêtre demande au Seigneur de fortifier le malade dans son épreuve et de le guérir –non sans compter sur la médecine- si c’est pour son bien. Par là, c’est la dernière étape de la vie humaine sur cette terre qui est sanctifiée et transfigurée, car la perspective du Royaume peut et doit illuminer les étapes, parfois douloureuses, qui y conduisent.



Cf. Mc 1,29-45 Ac 5,12-16 Jc 5,13-16





Les ministères



Toute la vie du Christ parmi nous s’est déroulée sous le signe du service. Le service de Dieu son Père à travers le service de notre humanité à sauver.

Pour continuer l’oeuvre de Jésus dans son Esprit, l’Eglise a besoin de serviteurs et de servantes qui se mettent à disposition du Royaume et de ses valeurs, quelques-uns « à plein coeur et à plein temps ». Tous les baptisés sont appelés à servir, d’une manière ou d’une autre. Mais certains parmi eux reçoivent une vocation particulière à tel ou tel service, que vient reconnaître et consacrer le sacrement de l’ordre. Un tel ministère se déploie en trois degrés. Les diacres sont consacrés pour le service principal de la parole et de la charité, notamment à l’égard des plus pauvres. Les prêtres sont consacrés pour être les collaborateurs des évêques dans l’annonce de l’évangile, la célébration de certains sacrements et l’animation responsable des communautés chrétiennes. Quant aux évêques, les pasteurs de tout le troupeau de Dieu, ils exercent leur ministère apostolique au service de l’Eglise universelle, en communion avec l’évêque de Rome, tout en dirigeant pleinement une Eglise locale. C’est ainsi que, par tous ces services et tous ces charismes -y compris celui qui s’exprime par les vœux des religieuses et religieux-, l’Eglise vit et se développe comme un corps composé de membres multiples et variés. Tous sont utiles parce que complémentaires les uns des autres, au service de la mission d’actualisation de l’évangile dans le monde d’aujourd’hui.



Cf. Mc 3,13-21 Jn 13,1-20 ICo 12,1-11 Ep 4,1-13 ITm 3,1-13





Le mariage



Dès l’origine de l’humanité, Dieu a voulu signifier son amour créateur par la différenciation des sexes, leur complémentarité dans la tendresse et leur disposition à donner la vie comme une œuvre de collaboration avec lui, l’auteur et le protecteur de toute vie.

L’expérience du couple et la diffusion de la vie humaine sont des merveilles si profondes que l’Eglise a reconnu en elles un signe de la présence de Dieu. Le sacrement du mariage, qui consacre les époux l’un à l’autre pour toujours sous le regard de Dieu, est une trace magnifique de la sollicitude du Seigneur pour la vie d’amour en famille. Alors que les couples semblent aujourd’hui de plus en plus fragiles dans notre société, le mariage chrétien est une forme de prophétisme particulièrement fort. Les mariés, leurs enfants et tous ceux et celles qui les accompagnent, peuvent compter sur cette source de grâces adaptées à leur état. Le sacrement du mariage signifie encore la générosité de Dieu dans l’accomplissement d’une vie certes pas facile, mais aussi remplie de promesses et de bonheur, sous le signe de l’amour humain jailli de l’Amour divin.



Cf. Gn 1,27-28 et 2,18-25 Jn 2,1-11 Ep 5,21-33





Claude Ducarroz















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