dimanche 16 décembre 2018

Pour l'anniversaire du pape François

Regard critique Ah ! le pape… Le style, c’est l’homme. Et aussi le pape. Je suis très surpris…en bien. Domicile à Ste-Marthe, à l’écart des palais ; moins d’or et de dentelles dans les liturgies ; un langage simple, spontané, même avec quelques dérapages à la clé ; une volonté évidente de proximité avec le peuple. On aime le pape parce qu’on sent qu’il nous aime. Tous, à commencer par les plus humbles et les plus pauvres. C’est de l’évangile en barre. Merci. Et puis il y a la mission. Je suis impressionné par sa demande constante de prière pour lui. Quelle responsabilité ! Il se sait et se sent dans la main de Dieu. Et aussi, quelque part, remis entre nos mains. Il a réussi à faire bouger quelques lignes. Dans la société, avec son encyclique sur l’écologie, avec sa solidarité affichée et cohérente avec les migrants en perdition. Et dans l’Eglise ? C’est tellement difficile ! Le synode sur la famille a mieux promu une pastorale de la miséricorde. Très bien. Dans les affaires de pédophilie, il semble maintenant au clair et efficace. Et sur les grandes réformes internes ? J’attends davantage. Après 5 ans et 26 séances prolongées avec son conseil rapproché (le groupe des 9 cardinaux), qu’est-il sorti jusqu’à ce jour ? Pas grand-chose, semble-t-il. On devine beaucoup de résistances. J’espérais que tout irait plus vite : la réforme de la curie, la décentralisation de l’autorité, l’élargissement des ministères, la place de la femme dans notre Eglise, des avancées œcuméniques significatives : que c’est lent ! Si ça avance… Enfin le défi de l’évangélisation ! L’ambiance générale est rendue plus favorable par le témoignage de notre pape. Mais comment annoncer l’évangile dans une société aussi éclatée, dans la variété des cultures et la complexité des situations ? Personne n’a la recette ! Car là, c’est notre affaire à tous. Donc, à nous d’y aller, sans tout ni trop attendre de Rome. Même un bon pape… n’est que le pape ! Claude Ducarroz

mardi 11 décembre 2018

Courage, Mesdames!

Mesdames, courage ! Triomphe féminin ! Le vocabulaire est devenu dithyrambique pour saluer l’élection simultanée de deux femmes au conseil fédéral. Une première dans notre histoire suisse. On peut comprendre les accents glorieux de tels commentaires. Encore convient-il de rester modeste, tant la route est encore longue, même dans notre société dite « libérale avancée », pour concrétiser l’égalité hommes-femmes. Pour favoriser cette égalité, tout en appréciant les légitimes diversités humaines, il faut d’abord une politique familiale plus généreuse. Il faut aussi combler plus rapidement les écarts de présence des femmes dans les milieux économiques et politiques. Trois femmes sur sept conseillers fédéraux ne font pas encore un vrai printemps démocratique. Mesdames les citoyennes, courage ! Et dans notre Eglise, me direz-vous ? Nous donnons volontiers des leçons d’égalité à notre société, comme l’a fait le concile Vatican II en disant : « Toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne…basée sur le sexe…doit être dépassée et éliminée comme contraire au dessein de Dieu ». (Gaudium et spes no 29.) Il serait temps que notre Eglise s’interroge sur sa pratique interne. On peut heureusement constater que l’histoire de l’Eglise fournit de nombreux exemples magnifiques prouvant que des femmes – surtout des religieuses - ont assumé d’importantes responsabilités dans le déploiement de l’Evangile au sein des communautés chrétiennes et même dans la société. Aujourd’hui, des femmes remarquables et dévouées s’engagent, y compris à plein cœur et à plein temps, dans les domaines de la formation, des services et de l’animation de nos communautés. Merci Mesdames ! Mais il reste chez nous des discriminations qui deviennent de moins en moins compréhensibles, et franchement inacceptables. A Rome ou ailleurs, on peut inviter quelques femmes comme auditrices lors de certains rassemblements ecclésiastiques. Mais finalement, qui décide, y compris sur des questions touchant de près les femmes et les familles ? Ce sont des hommes célibataires exclusivement, car seuls les clercs sont aptes à exercer un pouvoir de juridiction dans notre Eglise, selon le droit canon (no 129). Ce même droit canon –qui régit notre vie concrète en Eglise - continue d’exclure les femmes des ministères du lectorat et de l’acolytat (no 230 .1). Sans compter que les femmes, simplement parce qu’elles sont femmes et non pas « des hommes comme les autres », ne peuvent accéder à aucun des degrés du sacrement de l’ordre (canon 1024), ainsi qu’on vient de le rappeler lourdement au Vatican. Heureusement, des chrétiennes se réveillent, s’expriment, exigent des changements qui vont dans le sens d’une lutte (pacifique) contre un certain cléricalisme ambiant. Il faut prendre au sérieux ces voix prophétiques, qui rejoignent d’ailleurs de nombreuses déclarations de synodes diocésains depuis longtemps à travers le monde entier. (Cf. Synodes 72 en Suisse). A force de toujours renvoyer à plus tard des réformes importantes et urgentes, notre Eglise court le risque de voir nombre de chrétiens –hommes et femmes- quitter la barque ecclésiale et chercher hors du bercail de quoi épanouir leur foi et pratiquer leurs valeurs évangéliques. C’est un grand dommage. C’est même un malheur. Car je crois que nous avons tous besoin les uns des autres, hommes et femmes baptisés dans une même et égale dignité pascale (Cf. Vatican II –Lumen gentium no 32), pour collaborer à la réforme dont l’Eglise a continuellement besoin, dans le dynamisme de l’Esprit du Christ. C’est encore le concile Vatican II qui l’a répété (Décret sur l’œcuménisme no 6). Alors, Mesdames les baptisées, courage ! Claude Ducarroz A paru sur le site cath.ch

vendredi 7 décembre 2018

Immaculée Conception

Homélie Immaculée Conception Fête de l’Immaculée Conception. Dites cela à un jeune d’aujourd’hui. Immaculée et conception. Que voulez-vous qu’il comprenne ? A quoi va-t-il penser ? Ne serait-il pas temps de revisiter et même de réviser notre langage religieux ? Même parmi les adultes, normalement mieux formés, il règne une grande confusion autour de cette fête. Certains croient, puisqu’on approche de Noël, qu’il s’agit de la conception virginale de Jésus dans le sein de sa mère, ce qui d’ailleurs n’est pas beaucoup plus clair. Et si l’on disait plus simplement, comme dans les Eglises d’Orient, que Marie est la toute sainte –panaghia- parce qu’elle a été préparée par Dieu, depuis toujours, pour être la digne mère de Jésus, le saint de Dieu au milieu de nous ? Oui, « comblée de grâce », comme l’ange la salue, parce que le Seigneur est totalement avec elle, en attendant que le Fils éternel du Père vienne totalement en elle, dans le mystère de l’incarnation. En Marie, tout est grâce, tout est don, tout est cadeau gratuit, et d’abord la parfaite sainteté qui l’habite et rayonne en elle. Mais en même temps, cette divine habitation, qui va bientôt s’épanouir en elle sous la forme humaine de Jésus de Nazareth, n’entre pas en elle, en son cœur et en son corps, par une effraction qui bousculerait son humanité à elle. Dieu est divinement délicat, respectueux, scrupuleux. Il apparaît à Marie sur les ailes d’un ange. Il se fait d’abord proposition. Il devient question. Dieu est patient. Il attend une réponse. Il est même prêt à donner des explications, car il s’adresse à une femme adulte, intelligente, libre. La sainteté originelle de Marie ne fait pas d’elle une machine à « béni oui-oui », mais une partenaire du mystère proposé - et non pas imposé - à son humble, mais riche personnalité. Car elle sera impliquée toute entière, telle qu’elle est, dans sa foi d’Israël attendant le Messie, dans son esprit capable de réfléchir sérieusement avant d’acquiescer, dans son cœur préparé pour l’amour maternel, dans son corps de femme destiné au don de la vie. Et parce que c’est Dieu qui frappe à sa porte, parce que c’est l’Esprit Saint qui la prend sous son ombre, Marie sera respectée en tout son être. C’est donc en femme debout qu’elle pourra dire : « Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole ». Alors, alors seulement, le Verbe peut se faire chair pour demeurer parmi nous, le Fils du Très-Haut, le Sauveur du monde, en un mot : Jésus. Y a-t-il encore quelque chose à retenir, pour nous maintenant, dans cet évènement originel et fondateur, pour l’Eglise de toujours, que nous sommes aujourd’hui ? Trop souvent, y compris dans l’Eglise, et singulièrement dans notre Eglise, on s’est servi de l’humilité de Marie comme « petite servante », de sa docilité à la parole, et même de sa sainteté toute féminine, pour inciter les femmes à se tenir dans une discrétion de soumission, dans un esprit de « petits services » cachés. N’a-t-on pas insisté pour que les femmes demeurent dans l’allégeance résignée à ceux qui - des hommes évidemment- ont les privilèges de l’autorité sacrée, quand ce n’est pas le rude pouvoir d’imposer l’obéissance ? Heureusement, aujourd’hui, sans du tout désavouer les saintes femmes du passé - religieuses ou laïques -, les femmes se réveillent plus adultes, plus responsables, plus actives dans notre Eglise. Elles le font savoir et j’estime qu’elles ont raison. Car je crois qu’elles peuvent trouver en Marie de Nazareth l’image d’une sœur ou d’une mère qui, tout en étant disponible pour le service, ne s’abaisse pas dans la servitude, mais se redresse, belle et forte, dans la libre collaboration avec Dieu lui-même, elle qui dira avec une certaine grandeur d’âme : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles. Saint est son nom ». C’est pourquoi, nous aussi aujourd’hui, avec toutes les générations, en la confessant immaculée, nous pouvons surtout la proclamer bienheureuse. Et beaucoup d’autres femmes en Eglise avec elle. Avec notre merci pour ce qu’elles font et feront, et surtout pour ce qu’elles sont. Claude Ducarroz

mardi 6 novembre 2018

Ah! le pouvoir...

Ah ! le pouvoir… L’actualité avance par vagues. Après la houle liée au sexe, dans le déferlement des scandales provoqués par l’affaire Weinstein, voici la déferlante des esclandres autour d’un certain (mauvais) usage du pouvoir. Le schéma est toujours le même : les hommes et les femmes investis d’un pouvoir sont tentés de se croire tout-puissants, non seulement perchés au dessus du commun des mortels, mais aussi juchés au dessus des lois. Et nous remarquons, à peine étonnés, que beaucoup succombent à cette pernicieuse tentation, que ce soit dans l’Eglise ou dans les strates fort complexes de notre société. On sait maintenant que les abus sexuels parmi le clergé s’expliquent notamment par des abus de pouvoir, surtout quand celui-ci se revêt des oripeaux de la sacralité religieuse. D’où la croisade actuelle contre le cléricalisme, conduite par le pape François lui-même. On vérifie aussi que les autorités politiques, qu’elles soient de gauche ou de droite - et même du centre !- cèdent bien facilement aux mirages des excès, des privilèges et même des magouilles, y compris quand les contre-pouvoirs démocratiques et médiatiques devraient les inciter à redoubler de prudence à défaut d’honnêteté. Plusieurs réactions sont possibles devant la répétition de ces révélations qui vont de l’erreur bénigne jusqu’au péché de malversation qu’on s’acharne à nier après l’avoir dissimulée. Il convient d’abord de louer le courage de celles et ceux, surtout dans les milieux administratifs, judiciaires et médiatiques, qui dénoncent ces faits et gestes si maléfiques pour notre démocratie soit-disant libérale…et propre. Certes, il faut éviter absolument les rumeurs infondées, les fausses accusations et les chasses aux sorcières. Mais certains lanceurs d’alerte méritent notre reconnaissance, dans les deux sens de ce mot. Est-ce à dire qu’il faille désormais se méfier de tout le monde, suspecter tous les magistrats, traquer nos hommes et femmes politiques ? Certainement pas. Parce que la grande majorité d’entre eux est constituée de citoyens honnêtes, qui se mettent au service du peuple de manière désintéressée. Les petits privilèges de la gloire, les ivresses que suscitent parfois les vapeurs d’une autorité reconnue et célébrée : tout cela s’efface très vite au rude contact des réalités fort complexes qui exigent engagement personnel, travail persévérant, et même beaucoup de sacrifices pas nécessairement récompensés. Mais le danger suivant existe : que la multiplication des méchantes « affaires » conforte nos citoyens dans la conviction que tous ces politiciens sont des pourris, qu’on ne peut plus leur faire confiance, qu’il faut donc se réfugier, ou dans l’opposition systématique, ou –pire encore- dans l’abstention généralisée. Comment nier que de telles attitudes mettent en péril les fondements de notre vivre-ensemble et fassent le lit des extrémismes de tout acabit, toujours prêts à fleurir sur les délitements de nos valeurs démocratiques ? Dès lors, deux comportements s’imposent, à partir du sens des responsabilités qui devrait toujours guider notre conscience et notre action : demeurer vigilant, car personne n’est à l’abri de dérapages, petits ou grands, et c’est faire œuvre de salubrité que d’être aux aguets. Mais le mieux est encore de participer pleinement, chacun selon ses possibilités et charismes, au déroulement correct des activités socio-politiques, par l’intérêt porté à la chose publique, par le vote réfléchi et par la collaboration citoyenne à tous les niveaux. Et ça vaut aussi pour l’Eglise. Il suffit de rappeler cette injonction de Jésus, scandalisé de constater que ses apôtres, juste après le lavement des pieds et l’eucharistie, se disputaient encore pour savoir qui était le plus grand d’entre eux : « Il ne doit pas en être ainsi parmi vous…. Que celui qui commande prenne la place de celui qui sert. » (Lc 22,26). Claude Ducarroz A paru sur le site cath.ch

jeudi 1 novembre 2018

Toussaint 2018

Toussaint 2018 Le trans-humanisme. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cela puisque les médias s’y intéressent de plus en plus. C’est l’idée –car pour le moment c’est surtout une imagination- que l’homme peut être augmenté, en plusieurs de ses dimensions, par les progrès de la science et des techniques, et notamment grâce aux extraordinaires performances de l’électronique. Si l’on peut dessiner en trois D nos rêves les plus fous, pourquoi ne pourrait-on pas un jour les traduire dans la réalité ? N’a-t-on pas déjà la possibilité de remplacer plusieurs pièces usagées de notre corps par des membres artificiels ? Pourquoi ne ferions-nous pas de même dans notre cerveau ? Certains, peut-être pas si utopiques que cela, rêvent d’allonger notablement notre vie sur terre, et pourquoi ne deviendrions-nous pas immortels ? Ces fantasmes –qu’il ne faut pas trop tôt taxer de folles élucubrations- prouvent au moins une chose : même quand l’homme a éliminé Dieu, même quand il l’a remisé dans les oubliettes de l’histoire, il ne cesse de se comprendre ou de se désirer comme programmé pour une vie éternelle. Et comme, selon lui, il ne faut plus compter sur Dieu pour y arriver, il estime qu’il pourra y parvenir lui-même, tôt ou tard, par ses propres moyens. Dans ce contexte, nous voilà réunis pour la messe de la Toussaint, avec, concernant nos chers défunts, nos seuls souvenirs pour certains, le sentiment d’une certaine communion pour d’autres, et l’espoir d’un possible revoir pour les plus religieux d’entre nous, parce que, nous aussi, nous croyons à l’immortalité des personnes, même décédées. Pas au terme de nos efforts sur-humains, mais par l’accueil reconnaissant d’une grâce offerte par un certain Jésus de Nazareth qui nous a dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra éternellement. » Le trans-humanisme ou le sur-humanisme, nous ne le cherchons pas dans une performance humaine. Nous le recevons comme un cadeau de la performance divine en Jésus que Dieu a ressuscité d’entre les morts comme premier né d’une multitude de frères et sœurs…que nous sommes. Dans la résurrection de Jésus, constaté par des témoins sidérés mais fiables, Dieu a mis en route la transformation, et même la transfiguration, de notre humanité mortelle en promesse garantie de vie éternelle. Pas besoin de l’inventer nous-mêmes, il suffit de l’accueillir comme un don, certes qui nous dépasse infiniment, mais surtout qui nous comblera parfaitement, au-delà de toutes nos imaginations et de tous nos désirs. Face à l’utopie de la trans-humanité, nous pouvons choisir : ou essayer de conquérir l’éternité par nous-mêmes, ou la recevoir comme une grâce, de celui qui, ayant passé par la mort comme nous, est revenu nous confirmer cette promesse avec des arguments solides: « Là où je suis, vous serez aussi avec moi pour toujours. » Est-ce à dire que nous n’ayons plus rien à faire, sinon à nous laisser aller dans le n’importe quoi ici-bas, en attendant la suite dans l’au-delà ? D’abord il n’est pas indifférent que, par la foi, nous prenions ce chemin-là pour avancer humainement dans l’existence, de sorte que nous arrivions dans la cible au moment de quitter notre vie en ce monde. Croyons-nous à notre vocation éternelle ? Et puis, justement dans l’évangile de cette fête, Jésus, qui nous promet une fois de plus ce qu’il appelle « le royaume des cieux », nous indique une feuille de route pour la sécurité de notre pèlerinage en cette vie, en espoir de l’autre. Les promis à la résurrection ne peuvent pas vivre n’importe comment. S’ils veulent être au rendez-vous du bonheur éternel, il leur est proposé cet itinéraire qu’on nomme justement « les béatitudes », à savoir des déclarations ou des promesses de bonheur. Etre assez pauvre pour tendre la main vers Dieu et recevoir sa parole et sa présence avec reconnaissance. Etre assez juste, pur, miséricordieux, pacifique avec nos frères et sœurs humains pour leur indiquer ainsi le chemin qui mène au Dieu de l’amour et de la vie éternels. Porter et supporter nos épreuves, y compris celle de la mort –la nôtre et celle de ceux que nous aimons- avec les larmes de l’espérance et non pas celles du désespoir. Traverser cette vie en misant sur l’amour pour nous retrouver, à l’autre bout, prêts à nous fondre dans l’Amour majuscule qu’est Dieu, en qui nous retrouverons tous ceux et toutes celles que nous avons aimés et qui nous ont aimés. Et même quelques autres. Finalement, ne jamais oublier cette petite phrase qui change tout dans la vie et à l’heure de la mort : « Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ». Claude Ducarroz

dimanche 21 octobre 2018

invitation à vous!

Invitation à vous L’organisation « Plans fixes » - qui diffuse des entretiens filmés avec diverses personnalités de Suisse romande - m’a sollicité pour un enregistrement. Il s’agit d’un film en noir et blanc, piloté par le journaliste et animateur Jean-Marc Richard. Ce film passera en première diffusion au cinéma Rex de Fribourg (près de la gare) le mercredi 7 novembre à 18h.30. La projection, gratuite et ouverte à tous, dure 50 minutes et sera suivie d’un apéritif convivial. Je vous invite bien cordialement. Pour la joie de nous revoir ! Claude Ducarroz

jeudi 18 octobre 2018

Pape François: regard critique

Regard critique Ah ! le pape… Le style, c’est l’homme. Et aussi le pape. Je suis très surpris…en bien. Domicile à Ste-Marthe, à l’écart des palais ; moins d’or et de dentelles dans les liturgies ; un langage simple, spontané, même avec quelques dérapages à la clé ; une volonté évidente de proximité avec le peuple. On aime le pape parce qu’on sent qu’il nous aime. Tous, à commencer par les plus humbles et les plus pauvres. C’est de l’évangile en barre. Merci. Et puis il y a la mission. Je suis impressionné par sa demande constante de prière pour lui. Quelle responsabilité ! Il se sait et se sent dans la main de Dieu. Et aussi, quelque part, remis entre nos mains. Il a réussi à faire bouger quelques lignes. Dans la société, avec son encyclique sur l’écologie, avec sa solidarité affichée et cohérente avec les migrants en perdition. Et dans l’Eglise ? C’est tellement difficile ! Le synode sur la famille a mieux promu une pastorale de la miséricorde. Très bien. Dans les affaires de pédophilie, il semble maintenant au clair et efficace. Et sur les grandes réformes internes ? J’attends davantage. Après 5 ans et 26 séances prolongées avec son conseil rapproché (le groupe des 9 cardinaux), qu’est-il sorti jusqu’à ce jour ? Pas grand-chose, semble-t-il. On devine beaucoup de résistances. J’espérais que tout irait plus vite : la réforme de la curie, la décentralisation de l’autorité, l’élargissement des ministères, la place de la femme dans notre Eglise, des avancées œcuméniques significatives : que c’est lent ! Si ça avance… Enfin le défi de l’évangélisation ! L’ambiance générale est rendue plus favorable par le témoignage de notre pape. Mais comment annoncer l’évangile dans une société aussi éclatée, dans la variété des cultures et la complexité des situations ? Personne n’a la recette ! Car là, c’est notre affaire à tous. Donc, à nous d’y aller, sans tout ni trop attendre de Rome. Même un bon pape… n’est que le pape ! Claude Ducarroz