jeudi 31 octobre 2013

Toussaint 2013

Toussaint 2013


D’où viens-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ?
Dites comme ça, ces trois interrogations font sourire. Et pourtant elles résument la quête essentielle -incontournable- de tout être humain qui réfléchit sur son existence.

D’où viens-je ?

* On pourrait se contenter d’une réponse physico-chimique. Une cellule formée par deux autres, et tout le reste qui suit presque mécaniquement.
* Plus humainement, nous savons que nous sommes le fruit d’un amour interpersonnel, qui n’a cessé de nous entourer pour faire de nous ce que nous sommes. Nous pensons à nos parents avec reconnaissance, eux qui nous ont donné la vie.
* Et puis notre foi ajoute une nouvelle dimension à notre mystère. Nous sommes appelés « enfants de Dieu, et nous le sommes vraiment », nous rappelle saint Jean. Nous sommes les enfants chéris de l’Amour majuscule. Finalement, nous venons d’abord de Dieu, la source permanente de notre existence.

Pour savoir ce que nous sommes, il nous faut d’abord accepter notre existence, avec ses limites et ses possibilités, avec ses erreurs et ses beautés.
Se recevoir de Dieu comme un cadeau, accueillir notre vie comme un don, croire au mystère que nous sommes, puisque nous venons de plus haut que ce que nous imaginons, puisque nous sommes appelés à aller plus loin que ce que nous espérons.

L’apôtre Jean nous dit que « ce que nous serons ne paraît pas encore clairement ». Nous avançons dans la vie en tâtonnant dans le brouillard. On ne peut rien reprocher à ceux qui, parfois, se perdent dans leur nuit.

Et voici que le livre de l’Apocalypse –qui signifie littéralement « révélation »- déchire le ciel, écarte les nuages, nous laisse entrevoir notre véritable avenir : une foule immense - celles et ceux qui nous ont précédés- réunie devant le trône de Dieu et devant l’Agneau immolé et ressuscité.
Certes ils viennent de la grande épreuve, ce que peut être une vie humaine ici-bas, mais ils se tiennent debout,  ils chantent la gloire de Dieu, ils sont enfin heureux.

Voilà notre destinée, à l’autre bout de notre vie, quelles que soient les sinuosités de notre parcours ici-bas. Nous sommes attendus de l’autre côté de la mort pour entrer dans la maison de famille de la résurrection.

Quand nous verrons Dieu face à face, quand nous serons accueillis par le Christ ressuscité, enfin nous serons pleinement nous-mêmes, parvenus au bout du chemin, encore plus éblouis et réjouis que tout ce que nous aurons pu espérer en ce monde.

Mais c’est vrai, en attendant, il faut bien vivre, et c’est dans la banalité des jours, les pieds sur terre, même s’il nous est conseillé de lever de temps en temps nos yeux vers le ciel.

C’est là qu’interviennent les bons conseils et surtout les merveilleuses promesses données par Jésus à la foule qui se pressait autour de lui.
Tout en vivant pleinement en ce monde, et non  pas sur une autre planète, nous pouvons -nous devons- mettre en œuvre les valeurs et les comportements du Royaume à venir. Il nous faut exister au niveau de l’espérance qui nous est proposée.

A savoir la pauvreté de cœur ou la simplicité de vie, l’engagement pour la justice et la paix, la joie de la miséricorde jusqu’au pardon, la pureté du cœur et le bonheur paradoxal de souffrir, s’il le faut, pour notre foi.

Telle est la feuille de route de ceux qui, avec le Christ et dans l’Esprit, veulent vivre conformément à leur origine en Dieu et fidèles à leur destinée pour Dieu.

Les saints -parmi lesquels nos chers défunts- nous précèdent sur cette route. Ils nous donnent la main pour avancer dans la bonne direction. Ils nous attendent pour l’arrivée chez Dieu et donc aussi chez eux.

Bon voyage vers le Royaume des cieux !

                                                                       Claude Ducarroz


dimanche 20 octobre 2013

Hommage à + Oscar Moret

100 ans de la naissance de +Oscar Moret

Je descendais de Bonavaux quand j’ai rattrapé Oscar Moret sur le chemin près de Grandvillard. Et nous avons continué un bon moment à marcher ensemble. Et de quoi avons-nous parlé ? De musique évidemment. Mais aussi de nature. Et de religion.

Bien sûr, celles et ceux qui l’ont connu encore mieux que moi pourraient en dire bien davantage. Je pense à sa famille, à ses amis et à celles et ceux qu’il a entraînés et enchantés dans la vie musicale. Et ils sont très nombreux. Vous aurez la parole ou vous prendrez la plume en d’autres circonstances.

En repensant à la rencontre de Grandvillard, je me dis que Oscar Moret était un vrai Fribourgeois, comme on les aime et comme on en trouve encore beaucoup heureusement.

La nature, la culture, la foi.

1.  Oscar Moret avait les pieds sur terre, même s’il savait aussi lever son regard vers le ciel. Il a prouvé, dans sa manière d’être et d’agir, que des racines profondes peuvent aussi donner des ailes très larges. D’ailleurs le ciel n’est-il pas d’abord le meilleur de la nature, la source de toute lumière, de jour et de nuit ?

Je me souviens. Alors qu’il était déjà entré dans le grand âge, Oscar m’avait raconté avec enthousiasme ses expériences récentes de saut en deltaplane du côté de la Vudalla. Et c’était si beau d’entendre ce vieil homme m’expliquer en détails une telle aventure. 
Partir du sol, narguer le vaste horizon, savourer l’espace, faire de la nature en tous ses états le début d’une épopée à la fois audacieuse et respectueuse : c’était Oscar dans ses défis et dans ses inspirations aussi. La Gruyère des bretzons et celle du firmament.

Fribourg, en ville, mais surtout sa chère Gruyère natale: ce furent les paysages de sa contemplation et de ses créations, les lieux bénis de ses joies en famille et de ses randonnées silencieuses. La ville et la campagne comme mystères et confidentes : de quoi susciter le goût de les étreindre en les chantant, en les sublimant par la poésie et la musique. Oscar l’a fait, et avec quel talent !

2.  Il nous faut  donc parler de la musique, celle qui fut à la fois la source de son bonheur et le lieu de ses labeurs.
Dans la musique et dans les chants, en patois ou en français, il a su transmettre de la beauté intérieure, qui touche encore l’âme et émeut le cœur. Il nous faut redécouvrir le trésor créatif d’Oscar Moret, 650 œuvres à son répertoire…répertorié !

Au plus près de notre ADN fribourgeois, mais aussi par les cris qui montent des rivages de l’histoire, il a su exprimer le chant du monde, celui qui murmure en nos profondeurs personnelles, mais aussi celui qui éclate en sanglots quand on écoute l’actualité des peuples. Il a chanté et enchanté en artiste sensible, mais aussi en citoyen engagé. Mais avec cette modestie - un autre nom de l’humilité- qui sied si bien aux couleurs de Fribourg. Trop bien parfois.

 En même temps, Oscar avait l’art de la transmission pédagogique, autre qualité bien de chez nous, quand on pense, entre autres, aux Bovet, Kaelin, Aeby et Chenaux, pour ne citer que les plus célèbres. Nous ne mettons pas nos trésors dans les vitrines clinquantes des publicités éphémères. Nous les offrons aux autres dans des rencontres fraternelles où la musique surfe sur l’amitié, où le chant devient une société populaire, où les instruments jouent en fanfare pour la joie du public.

C’est trop peu d’être doué. Il faut encore partager. Oscar Moret a vécu ainsi au milieu de nous, longuement, ardemment, simplement. Nous lui en sommes reconnaissants. Notre mémoire de ce jour devient un mémorial. Son rayonnement, musical et humain, doit demeurer vivant dans notre souvenance émue comme un héritage apprécié.

3.  Serait-ce encore Fribourg s’il n’y avait la dimension de la foi ? Oscar était un croyant, de part ses racines familiales, la famille d’où il vient, la famille qu’il a formée. Je ne relève pas cela parce que nous sommes dans une cathédrale –l’église de sa paroisse quand il habitait la Grand’Rue-, mais parce que c’est la vérité.

Dans son œuvre très variée, comme le prouve la liturgie de ce jour, il a su exprimer sa foi qui est aussi la nôtre, par des compositions de musique sacrée qui ont défié le temps, un peu comme le chant grégorien qui fut son principal maître.

Il y a ces messes qui transpirent la piété. Il y a aussi des chants qui renouvellent le répertoire sans galvauder la beauté. Il y a enfin ces compositions d’apparence plus  profane, mais où sa foi évangélique, confrontée à la vie ordinaire, parfois tragique, a su créer des poèmes et des mélodies qui nous aident encore à espérer malgré tout. On ferait bien, dans la crise que nous traversons, de réécouter par exemple, le message et la rude douceur de la Berceuse pour la paix.

La foi d’Oscar Moret, c’est aussi son état d’esprit, une certaine rigueur dans l’ombre, une certaine humilité dans le devoir accompli, une compétence remarquable, mais sans prétention. Une certaine saveur évangélique à l’image des béatitudes.

Dans cette ambiance, avec sa chère épouse et sa famille, avec ses amis musiciens, chanteurs et directeurs qui lui doivent tant, dans cette cathédrale où repose l’abbé Bovet, où l’abbé Kaelin a œuvré durant plus de 30 ans, nous voulons, quelque part rendre justice à notre ami Oscar Moret. Il a bien mérité de la musique et du chant, mais aussi du pays et de l’Eglise.

Avec lui et par lui, la nature est montée en culture, et maintenant c’est le culte – à savoir l’eucharistie- qui intègre sa riche vie et aussi sa mort il y a 10 ans, dans l’espérance de la résurrection.

                                                           Claude Ducarroz



dimanche 13 octobre 2013

Homélie du 28 ème dimanche ordinaire

Homélie
13 octobre 2013

Il y a deux manière de pêcher -je précise aussitôt que je parle de la pêche et non pas du péché. On peut pêcher «  à la ligne » ou « au filet », avec pour conséquences des rendements fort différents. La quantité et la grandeur des poissons ne sont pas comparables, évidemment.

Dans l’évangile, il est plusieurs fois question de pêche et de pêcheurs. Les futurs apôtres étant des professionnels, c’est plutôt la pêche au filet qui est évoquée, avec des expériences variées. Parfois au petit matin, les pêcheurs de Galilée reviennent bredouilles. Parfois c’est un grand succès qui peut aller jusqu’à la pêche miraculeuse sur ordre de Jésus. Mais il ne faudrait pas en déduire que Jésus était un commerçant d’évangile « en gros », avec des rabais par quantité et l’obsession du rendement capitaliste.

C’est même tout le contraire quand il s’agit des personnes. S’il y avait parfois des foules pour la pêche au filet, il a généralement préféré la rencontre très personnelle dans le style de la pêche à la ligne. La ligne de cœur évidemment, comme dirait Jean-Marc Richard.

C’est une des choses qui me touche de plus en plus en méditant l’évangile : l’attention de Jésus à chaque personne, telle qu’elle est, quelle qu’elle soit, dans son contexte. Et j’ajoute sa préférence pour les petits, les pauvres, les malades, les pécheurs.

Cette logique de l’amour christique affleure dans l’évangile de ce jour : Jésus met en évidence le seul et unique lépreux revenu pour rendre gloire à Dieu, et de plus il souligne sa condition de Samaritain, un handicap grave dans la société et la religion dominante de ce temps.
Ce qui valut à cet étranger cette remarque qui a sans doute bouleversé sa vie : « Relève-toi et va. Ta foi t’a sauvé. »

L’évangile est pour tous, c’est vrai, mais la bonne nouvelle ne peut que nous toucher très personnellement. A l’appel du nom, les yeux dans les yeux, au coeur de notre cœur. Ce peut être, certes, au milieu d’une foule, mais ce sera toujours dans le sanctuaire de la conscience personnelle, là où Dieu nous parle comme un ami à son ami, dans le temple silencieux de notre mystère.

Une parole forte ou déconcertante toque à mon intelligence : elle vient peut-être de Dieu.
Une inspiration s’insinue dans mon silence : et si c’était un appel de l’Esprit Saint ?
Une idée me vient dans ma prière : et si c’était une invitation à aimer encore davantage ?
 Et puis tant de signes nous sont donnés dans nos rencontres, au gré des circonstances de la vie. Il y a dans les petits et les grands évènements de l’actualité des messages à capter et à méditer, comme pour les lépreux purifiés dans les lectures de ce jour, « afin de rendre gloire à Dieu ».

Finalement, le génie du christianisme, c’est qu’il nous permet d’aller à la pêche aux perles d’évangile dans la banalité des jours, dans l’apparente monotonie des faits divers, dans l’humilité des rencontres très ordinaires.

De la beauté à contempler et à créer, c’est à la portée de chacun. De la bonté à apprécier et à offrir, c’est pour toi et pour moi, comme on dit à la COOP.
Un sourire, un service, une attention : c’est la petite monnaie de la charité semée sur les sentiers de nos existences si souvent bousculées.

Saint Paul écrit à Timothée qu’on ne peut pas enchaîner la parole de Dieu. On ne peut pas non plus enfermer l’Esprit Saint dans un bocal. Notre mission, c’est de déployer nos antennes intérieures pour capter leur présence un peu partout, pour révéler leur rayonnement et coopérer à leurs énergies partout à l’œuvre. A commencer dans le cœur et la vie des plus petits, celles et ceux que le monde ignore, oublie ou même méprise.

Puis-je vous avouer que le bonheur d’un prêtre, c’est d’aller à la pêche à la ligne de la sainteté, notamment auprès des gens simples, dont personne ne parle, qui sont souvent connus et sûrement reconnus de Dieu seul ?
Et si je puis collaborer, ne serait-ce qu’un petit peu, à leur cheminement pascal, dans leurs joies et dans leurs peines, j’estime que je suis plus que récompensé.
Je sens alors combien est vraie cette parole, et pour eux et pour moi : « Si nous sommes morts avec le Christ, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve avec lui, avec lui nous règnerons. »

L’Eglise a parfois joué avec les grands filets censés recueillir les masses au risque de ne pas toujours respecter les personnes. La société actuelle se lance aussi dans des opérations de conditionnements publicitaires qui peuvent broyer les individus en massacrant leur liberté intérieure.
Pour faire Eglise et transfigurer le monde, les chrétiens doivent donc retrouver la joie de se savoir aimés chacun par l’Amour même, et oser le révéler autour d’eux dans toutes leurs rencontres, surtout les plus simples et les plus humbles.

Comme Jésus dans l’évangile !

Claude Ducarroz





mardi 8 octobre 2013

Autour de couple, du mariage, de la famille...

Le couple…le mariage…la famille :
un si beau mystère !
Ou comment devenir ou redevenir chrétien par le mariage

« Ce mystère est grand ! »  Ep 5,32


I. Avant toute chose

Quel est mon regard profond sur ces réalités humaines appelées à être « baptisées » dans un nouveau sacrement ?
Ai-je prié pour ceux et celles que je vais rencontrer ?
Comment ai-je imaginé mon accueil, notre dialogue ?


II. Un trésor à redécouvrir ensemble dans les épines

A .  Trouver ou retrouver de la profondeur dans le projet humain de l’amour, du couple, du mariage, de la famille.

Les fiancés qui nous arrivent ont déjà parcouru un certain chemin de réflexions et de dialogues : se marier ou pas ? uniquement « au civil » ou « à l’église » aussi ?
Ils sont riches de rencontres, de promesses, d’espoirs, de crises parfois, le tout plus ou moins influencé par les courants de société qui situent cette aventure le plus souvent à des niveaux  « à seuil bas ».
Il faut donc leur donner l’occasion de repérer et de se dire le sérieux, l’important et même le grave que contient leur projet en forme de défi, surtout dans le contexte actuel. On peut les aider à (re)découvrir de nouvelles dimensions, comme par exemple la confiance réciproque, la qualité de la relation, la fidélité promise et sauvegardée, la difficile gestion des conflits, le soutien dans les épreuves, la persévérance dans le dialogue, la responsabilité parentale, le défi de la durée, l’ouverture sur l’extérieur, etc…
Est-on sûr qu’ils ont déjà pensé à tout cela, sérieusement ?

B.  Quelqu’un est intéressé à tout cela. Il souhaite en être le partenaire, le soutien, le complice, si l’on veut bien l’inviter à l’aventure.

C’est le Dieu de l’alliance tel qu’il s’est révélé dans la Bible, tel qu’il s’est manifesté en Jésus-Christ et tel que l’Eglise nous permet de le rencontrer encore de nos jours à travers le sacrement de mariage et ses conséquences.

1. La dignité de chaque personne et la beauté du couple : Gn 1,27-28 Que signifie « être créé à l’image et ressemblance de Dieu », comme personne, comme couple, comme famille ? Il y a du « trinitaire » là-dedans !

2.  Dieu aime tout ce qui fait alliance dans l’amour. Donc aussi le mariage. Découvrir les paraboles conjugales et familiales par lesquelles Dieu se présente à son peuple. Par exemple : Os 2,20-21 et d’autres aussi. On entre dans un « esprit de famille » avec Dieu.

3.  Quand Dieu vient à notre rencontre dans le Christ Jésus, il passe par une humble expérience familiale : la signification de Nazareth pour les couples et les familles d’aujourd’hui. On est quelque part de cette famille par le baptême.

4.  On ne peut pas vivre la famille en cercle fermé. Jésus lui-même a élargi son expérience dans de nouvelles relations (Cf. Mt 12,48-49), d’où l’importance de l’insertion dans la société (Cf. le mariage civil) et la nécessité de « faire  Eglise », pas seulement pour une belle célébration, mais pour continuer la route dans une communauté à la fois solidaire et porteuse. L’Eglise donne beaucoup aux couples et familles, mais aussi elle est en droit d’attendre quelque chose d’eux pour exister et rayonner.

5.  Durant le voyage familial, à la fois merveilleux et risqué, l’Eglise nous offre notamment un autre sacrement d’alliance : l’eucharistie. Faire découvrir les harmoniques communes entre ces deux rencontres d’amour dans un certain « corps à corps » qui nourrit les participants, établit ou rétablit la communion. Rien n’est plus serviteur de la famille que l’eucharistie en famille.

6.  L’expérience humaine déjà accumulée et plus encore celle qui adviendra prouvent que la vie avance au rythme de la pâque (croix et résurrection). Que ferions-nous, que serions-nous si nous ne parvenions pas à rebondir à partir des surprises, des défis, des épreuves ? Le mystère pascal de Jésus s’applique aussi à la vie conjugale et familiale, et le Christ demeure avec nous pour l’expérimenter au quotidien. Telle est la vie spirituelle en couple et en famille, y compris la prière, le pardon, le recours à la parole de Dieu comme lumière sur le chemin.

7.  Un cadeau inédit: la révélation chrétienne ouvre des perspectives inouïes à l’expérience de l’amour humain, même dans ses côtés banals. Il y a une semence d’éternité au cœur de tout amour vrai. La traversée de la vie en régime amoureux nous conduit vers la vie éternelle qui sera le partage du bonheur dans la gloire du Dieu-Amour. Ce que tous les amoureux souhaitent et parfois pressentent sans pouvoir se le donner, Dieu le leur donne en toute fidélité à ses promesses. La vie en amour dans ce monde est seulement l’apéritif savoureux du banquet éternel où nous nous retrouverons tous à la table de Dieu. Car l’amour est plus fort que la mort, il ne passera jamais.


Il me semble que l’on peut dire cela, pas à pas, car la perspective est infiniment positive. La morale chrétienne de l’amour, du couple et de la famille peut ensuite être abordée, mais après la révélation des beautés et des valeurs d’une certaine « mystique de l’amour humain », qui donne envie d’être vécue, situe plus exactement les exigences qui en découlent, dédouanent l’Eglise de son carcan moralisateur et fait connaître surtout un Dieu qui nous aime et aide à nous aimer un peu mieux comme lui.

J’ai conscience que, pour certains, il y aura des seuils à franchir, des effets d’annonce (évangélisation), des surprises qui ne seront pas immédiatement intégrées.


C. La liturgie du mariage est évangélisatrice

Il faut souvent écouter les fiancés pour solder parfois un passé un peu lourd dans  les relations avec l’Eglise, la liturgie, la catéchèse et singulièrement les prêtres.

Le choix des textes et des signes offre de belles possibilités d’évangélisation en terrain disponible et même favorable.
Car la préparation liturgique est un moment important pour reprendre le « mystère » en le symbolisant, en le ritualisant, en l’expliquant dans une célébration qui soit à la fois pleinement ecclésiale mais aussi adaptée à la situation réelle des fiancés. Equilibre délicat à trouver. Ne pas banaliser pour complaire, mais ne pas non plus en rajouter jusqu’à la nausée !

III. Et après ?

Le sacrement est une grâce à accueillir dans la sincérité, mais aussi  un cadeau signé d’une certaine gratuité. Il ne faut pas en faire une stratégie de ré-évangélisation avec obligation de rendement.
Mais on peut présenter les opportunités qui permettront à ce sacrement de « porter des fruits, et des fruits qui demeurent ». Jn 15,16. Des fruits qui auront d’autant plus de chance d’être savoureux si l’évènement du mariage a été vécu en toute fraternité sympathique.

Il y a des propositions standards :
-         le baptême, sa préparation, sa célébration
-         l’éveil à la foi
-         la catéchèse familiale et toute la catéchèse
-         etc…
Il y a des services particuliers :
-         les mouvements de spiritualité conjugale et familiale
-         les divers « catéchuménats » pour adultes
-         les services d’accompagnement pour couples en difficultés
-         etc…
Il y a des évènements à provoquer
-         autour de Noël
-         la Saint Valentin
-         la fête des baptisés
-         la fête des familles
-         une lettre ou une visite lors des naissances
-         etc…

Sans oublier la vie ordinaire de la communauté chrétienne :
Quelle place pour les familles et les enfants dans nos célébrations ?
Pourquoi pas une « garderie liturgique » ?
Et la place des divorcés remariés ?
Quel soutien aux familles disloquées, monoparentales ?




 Quelques idées pour un dialogue de préparation au mariage

A. On s’aime !

Vous avez commencé une fréquentation. Vous avez parcouru un chemin de dialogue. Vous vous êtes reliés et liés par amour.
Comment qualifiez-vous actuellement cette aventure humaine ? Qu’avez-vous découvert de nouveau, de plus profond, en et sur vous-même, en et sur l’autre ? Qu’est-ce qui vous paraît le plus important, le plus solide  dans votre relation ? Qu’est-ce qui a de l’avenir, étant donné les aléas de la vie ?
Qu’avez-vous prévu pour consolider, pérenniser cette relation ? Et pour la réparer, si… ?
Comment définiriez-vous « le meilleur » de vous-même, de l’autre ? Y a-t-il au cœur de votre expérience un certain « mystère des profondeurs » qui vous attire, qui vous inquiète, qui vous rassure, qui vous invite à aller de l’avant ? Quoi ?

B. On se marie !

Vous avez décidé de vous marier. C’est un pas de plus, assez nouveau et même original, par les temps qui courent.
Qu’est-ce qui motive votre décision ? Quel cheminement pour en arriver là ? Quels changements attendez-vous de cette nouvelle situation ? Quelle différence entre l’avant et l’après ?
Comment les autres, vos familles, la société sont-ils impliqués dans ce choix ?
Qu’attendez-vous de ces autres partenaires ? Qu’êtes-vous prêts à leur donner, à leur apporter ?

C. On se marie…à l’église !

Pourquoi ce « plus religieux »? Une évidence ? Une tradition ? Une décision difficile à prendre ?
Quel lien avec la foi, une foi, votre foi ?
Qu’est-ce qui, dans votre foi telle qu’elle est actuellement, vous a aidés à vous décider en ce sens ? Quels obstacles éventuellement ? Comment diriez-vous les raisons de votre choix à des personnes qui vous interrogeraient, qui vous remettraient en question ?
D’après vous, qu’est-ce que Dieu, le Christ, l’Evangile ont à faire dans votre amour, dans votre mariage, dans la vie de votre famille ? Quels points de rencontre ? Quels points de difficultés ou de contradictions ?
Pensez-vous que la parole de Dieu, les sacrements -et surtout l’eucharistie-, la prière aient un rôle à jouer dans votre aventure de « mariés à l’église », de parents chrétiens ? Quel rôle ? Comment le concrétiser ?
Et l’Eglise ? Qu’est-ce l’Eglise concrètement pour vous ? Actuellement ? Dans l’avenir ? Les points de communion, de frottements, de contestation, de rupture ? Pourquoi ? Comment souhaitez-vous en parler ? Maintenant ou plus tard ?
Comment voyez-vous à l’avenir votre place dans la vie de l’Eglise ? Dans la paroisse ? En marge de la paroisse ? Dans des associations ?
Comment voyez-vous la place du prêtre en relation avec votre vie de couple et de famille ? Et la place des autres mariés chrétiens ?

D. Et maintenant la liturgie.

Qu’avez-vous choisi : avec ou sans l’eucharistie ? Pourquoi ?
Quel dialogue avez-vous eu à propos du choix des textes ? Pourquoi tels textes ? Pourquoi tels gestes ? Que voulez-vous dire aux autres à travers vos choix liturgiques ? Avez-vous envisagé le sacrement de la réconciliation ? pourquoi ?


6        octobre 2013                                                            Claude Ducarroz


Note et guide pour une journée de formation dans le diocèse de Besançon







mercredi 2 octobre 2013

Viva il Papa?

Viva il Papa ?

Il est terrible, ce pape François ! En quelques mois, il a réussi à provoquer l’unanimité…pour lui. Les catholiques le chérissent, les protestants s’y intéressent, les sans-religion en parlent, les médias commentent à tour de bras, et plutôt positivement. Il fallait le faire !
Comment ne pas s’en réjouir ? Pour une fois que ce qui vit à Rome et vient du Vatican est (presque) unanimement apprécié. On ne va pas bouder sa joie ni cracher dans l’eau bénite.
Mais attention ! Il y a peut-être un piège caché dans ce qui pourrait déraper dans la papamania. D’abord l’histoire nous apprend que les popularités trop vite gonflées se dégonflent facilement de la même vitesse. Il suffit de cesser de plaire à ce qu’on appelle « le grand public ». Et c’est si vite arrivé.
Et puis n’y aurait-il pas derrière cet engouement le signe que notre Eglise est encore très (trop) papiste ? Avoir un pape sympa, ça fait du bien. Le changement de style est une bouffée d’air frais très bienvenu. Mais croire que le pape peut –voire qu’il doit-  à lui tout seul changer l’Eglise en mieux à coup de réformes audacieuses, ne serait-ce pas encore tomber dans un travers catholique bien connu ? A savoir que l’Eglise, c’est le pape, ou presque.
A moins que ces décisions papales soient justement celles-ci, selon l’esprit de l’évangile : faire davantage confiance aux Eglises locales ou régionales, redonner d’importantes responsabilités aux épiscopats, mieux écouter le peuple des croyants. En un mot : qu’il y ait dans notre Eglise moins de « papauté » et plus de communion universelle dans une saine diversité.
Et ce serait, en plus, tout bénéfice pour l’œcuménisme, selon le vœu de Jean-Paul II qui souhaitait que son ministère pétrinien puisse « réaliser un service d’amour reconnu par les uns et par les autres ». « Une tâche immense » qu’il admettait « ne pas pouvoir mener à bien tout seul ». Justement.
Vive le Pape François ! Et avec lui tous ceux et toutes celles qui sont prêts à l’aider dans sa mission de conversion dans la ligne du Concile Vatican II qui écrivait déjà en 1965 :  « L’Eglise est appelée par le Christ à cette réforme permanente dont elle a perpétuellement besoin ».

                                               Claude Ducarroz

Voir le site  www.cath.ch 

mercredi 18 septembre 2013

Vatican II est toujours d'actualité

50 ans après le concile
Vatican II est toujours d’actualité


L’Eglise, c’est quoi ? c’est qui ?
(Cf. la constitution sur l’Eglise)

Le Concile a redéfini l’Eglise à partir des  ses sources bibliques, si riches.  Finie, l’Eglise trop souvent réduite à ceux qu’on appelait « les hommes et les femmes d’Eglise », à savoir les évêques, les prêtres, les religieux. Car l’Eglise du Nouveau Testament, c’est le peuple de Dieu, c’est nous, tous les baptisés. Et ça change beaucoup de choses dans la façon de voir et surtout de vivre l’Eglise. Tous responsables, tous actifs, dans la variété des compétences et des charismes. Et les divers ministères -ordonnés ou non- retrouvent leur vraie mission de beau service pour la croissance de toute la communauté. Il fait bon vivre une telle Eglise. Qu’en pensez-vous ?


Et les autres chrétiens ? Une Eglise œcuménique
(Cf. le décret sur l’œcuménisme)

Il fallait tourner la page des hostilités, antagonismes et concurrences parmi les chrétiens et entre les Eglises. Le Concile l’a fait en faisant monter l’Eglise catholique dans le train du mouvement œcuménique. Ce n’est pas encore l’unité parfaite telle que Jésus l’a souhaitée en priant son Père à cette intention. Mais de beaux progrès ont été réalisés, dans la prière, dans le rapprochement des doctrines, dans de multiples rencontres et collaborations. Raison de plus pour ne pas relâcher les efforts, avec la grâce de Dieu, afin que tous les disciples du Christ soient réunis dans une Eglise vraiment universelle parce que réconciliée, « afin que le monde croie ». Vive l’œcuménisme !


Avec la Bible : la Parole de Dieu au centre de la vie 
(Cf. la constitution sur la révélation)

Et dire que trop souvent, dans le passé, la Bible nous a séparés au lieu de nous unir, de nous réunir ! Désormais, grâce au renouveau conciliaire, la Parole de Dieu est devenue plus accessible, notamment dans la liturgie et par des études et méditations à la portée de tous. Car cette Parole venue d’en-haut doit être vivante sur nos lèvres et dans nos cœurs. Accueillir ensemble la Parole de vie, c’est une très grande grâce, car c’est elle qui nous permet de marcher dans sa clarté sur les chemins de nos existences difficiles, en un monde troublé et troublant. Nous le savons mieux maintenant, comme dit un psaume : « Ta parole est une lumière sur notre route, la lampe pour nos pas. »


Aimer ce monde à la manière de Jésus
(Cf. la constitution sur l’Eglise dans le monde de  ce temps).

Les chrétiens sont dans ce monde, tel qu’il est, ce monde que le Christ est venu sauver et conduire dans le Royaume de Dieu. Les chrétiens sont pleinement solidaires de ls belle aventure humaine. Encore faut-il qu’ils s’activent dans la société en demeurant lucides et courageux. Le cadeau des chrétiens à leurs sœurs et frères humains, c’est de les aimer comme Jésus, donc aussi en luttant contre toutes les inhumanités qui blessent et parfois tuent la dignité humaine. Pas facile d’être à la fois pleinement partie prenante de notre histoire et critique à la suite des prophètes. La joie des oui, le courage des non, l’investissement pour élever le niveau d’humanité : telle est la mission des chrétiens, à commencer par les laïcs, qui veulent être de vrais disciples de Jésus tout en étant frères et sœurs de tous, avec priorité aux plus pauvres, malheureux et nécessiteux. 


Qu’est-ce qu’une paroisse « conciliaire » ?

Le concile Vatican II a-t-il changé la manière de « faire paroisse » ? Certainement, car les décisions du concile ne sont pas des paroles en l’air, mais des impulsions concrètes qui influencent encore notre pastorale. C’est tout bénéfice pour une Eglise qui cherche à être toujours plus fidèle à l’Evangile tout en étant bien en phase avec notre monde moderne. Des signes ne trompent pas : nos paroisses sont désormais l’affaire de tous pour annoncer l’Evangile, pour célébrer, pour animer la communauté, pour servir. Mais on peut certainement encore faire mieux, avec les énergies de l’Esprit et dans une attention toujours plus perspicace aux signes des temps. Que vous en semble ?

                                                           Claude Ducarroz



lundi 16 septembre 2013

Prédication à Notre-Dame du Vorbourg

Homélie
Nativité de Marie

« Bon anniversaire, maman ! »
Quel bonheur de pouvoir dire ainsi reconnaissance et affection à sa maman, quand on l’a encore à nos côtés ! Et combien parmi nous, n’est-ce pas ? aimeraient pouvoir le dire encore aujourd’hui, qui ont déjà dû la laisser partir dans les larmes, tout en gardant imprimé au fond de leur cœur ce visage bien-aimé, celui de la maman. Permettez-moi cette confidence personnelle que je peux partager avec vous, entre frères et sœurs et entre amis : ma mère est morte le jour de son anniversaire. Je lui ai dit « bon anniversaire » en lui fermant les yeux, le jour même de ses 77 ans.

« Bon anniversaire, maman Marie ! » C’est à cette fête que nous invite l’Eglise aujourd’hui en proposant le 8 septembre de célébrer la naissance de Marie de Nazareth. Même si, bien évidemment, personne ne connaît la date exacte de cette naissance. Il nous suffit de savoir qu’elle a bel et bien existé, celle qui fut et qui demeure la mère de Jésus et notre mère.

* Fêter une maman, c’est lui dire merci pour ce quelle est ou ce qu’elle fut, avec cette tendresse unique qu’on réserve à celle qui nous a porté en elle avant de nous mettre au monde… et dans le monde.
* Fêter une maman, c’est tout faire pour rassembler toute la famille autour d’elle, car nous savons bien que c’est le plus beau cadeau qu’elle attend de la part de ses enfants.
* Fêter une maman, même imparfaite, c’est retenir le meilleur de sa vie donnée et essayer d’imiter ses exemples.
Nous pouvons faire tout cela aujourd’hui pour Marie et avec Marie de l’évangile.

* Lui dire merci, affectueusement. Pas besoin d’aller chercher bien loin. Elle a elle-même rendu grâces à Dieu dans son cantique de louange. Même si elle avait prévu que toutes les générations la diraient « bienheureuse », ce n’est pas sur elle qu’elle attire le regard, elle qui est demeurée toute sa vie la « petite servante du Seigneur ».
Elle le sait encore mieux que nous : c’est le Tout-Puissant qui fit pour elle des merveilles, c’est en Dieu son sauveur qu’il faut tressaillir de joie, c’est le Seigneur que notre âme, avec la sienne, doit sans cesse exalter. Magnificat !
Si elle est bénie entre toutes les femmes, comme le lui dit Elisabeth et nous après elle, c’est uniquement parce que le fruit de son sein est béni, Jésus l’enfant de ses entrailles, notre frère et notre Seigneur.
Quand nous louons Marie, ne nous trompons pas d’adresse. Tout en elle vient de Dieu par grâce. Tout en elle retourne à Dieu dans l’action de grâces, simplement parce qu’elle a cru en l’accomplissement de ce qui lui fut dit de la part du Seigneur. Elle n’a rien inventé. Elle est elle-même la plus belle invention de Dieu quand il a voulu venir au milieu de nous, prenant notre chair, assumant notre sang, passant par une femme –cette femme-là- pour être l’un de nous, au plus près de notre humaine condition. Marie a dit oui. Merci Marie !

* Une maman ne vient jamais seule. Elle vient à nous avec toute sa famille, elle qui nous donne notre papa et qui nous lie les uns aux autres comme frères et sœurs d’un même sein, d’un même amour. Au Christ, Marie a aussi donné Joseph, à ce Jésus qu’on appelait « le fils du charpentier ». Dans les évangiles, on parle aussi des frères et sœurs de Jésus. La tradition a toujours retenu qu’il s’agissait de sa famille élargie. Mais ça prouve une chose : Jésus n’était pas un fils unique gâté par sa maman. Il eut une famille autour de lui.
Et Marie a accueilli la famille de Jésus lui-même, à savoir ses disciples qui furent les frères et sœurs de sa fécondité spirituelle. Elle est là avec les rescapés de cette fratrie au pied de la croix, avec peu d’hommes et beaucoup de femmes, comme actuellement dans nos églises. Elle est encore là, avec les frères et sœurs de Jésus -autrement dit ses amis re-suscités par l’expérience de Pâques- quand l’Esprit de Pentecôte constitue définitivement l’Eglise apostolique. Comme une bonne maman, elle prie pour celles et ceux qui vont partir aux quatre coins du monde pour accomplir leur mission de témoins de la croix et de la Pâque.
Et comme nous pouvons compter aujourd’hui sur sa prière, afin que tous les chrétiens –et même finalement tous les hommes, selon le dessein de son fils- soient pleinement rassemblés dans l’unité et la fraternité universelle.
Notre-Dame de l’œcuménisme, priez pour nous !

* Enfin la meilleure des mamans nous laisse tellement de beaux exemples que nous sommes tous incités à en suivre au moins quelques uns. Et d’abord écouter la parole de Dieu, cette parole qu’elle a si bien assimilée que le Verbe de Dieu s’est fait chair en elle et qu’il a habité parmi nous. Tout ce que nous faisons autour de la parole de Dieu, entre chrétiens d’Eglises en voie de réconciliation, c’est du marial. Ruminer l’évangile ensemble, comme il est dit à propos de Marie, elle qui repassait tous ces évènements et les méditait dans son cœur priant.
Mais attention ! Sa prière n’était pas une drogue religieuse ni une pâtisserie spirituelle. Quand Marie chante le Magnificat, elle commence par la louange, mais elle évoque aussi la lutte, celle des humbles affrontés aux superbes de ce monde, celle des petits victimes des potentats sur leurs trônes dorés, celle des affamés face aux riches égoïstes de tous les temps.
Notre prière, comme celle de Marie, doit être le moteur de nos engagements pour la justice, la paix, la liberté, le partage dans notre société. Nous pouvons tous, chacun avec ses capacités et surtout sa générosité, faire quelque chose pour que notre humanité se rapproche de ce que le Sauveur souhaite pour elle, cette humanité pour laquelle il a donné sa vie sur la croix par amour.
Nous sommes d’autant plus des « enfants de Marie » si, pour cette aventure d’humanisation, nous nous donnons la main en Eglise et nous ouvrons nos mains vers celles et ceux qui, sans être directement « de la famille », sont aussi aimés par la mère de tous les vivants.
Dans cet esprit, Marie, toi la mère toujours jeune dans la gloire du ressuscité : bon anniversaire !


Claude Ducarroz