Fleur de vie
Les deux alliances
A la bénédiction de l’abbé du monastère de Hauterive. Plus précisément à la fin de la prière eucharistique.
Le nouvel abbé présente solennellement le Pain consacré tandis qu’un diacre fait de même avec le calice à ses côtés. Ces mains si proches, tout au service du peuple de Dieu, comme réunies par le mystère eucharistique, me touchent et m’émeuvent. Je remarque alors deux alliances côte à côte, celle du nouvel abbé entièrement voué désormais à sa communauté monastique et celle du diacre marié, consacré d’abord à sa famille, mais aussi pleinement au service de la communauté chrétienne comme le Christ du lavement des pieds.
J’ai aimé la proximité de ces deux alliances d’or, l’anneau du pasteur et l’anneau de l’époux, tous les deux donnés par amour. La grande Hostie et le calice du salut les unissaient dans un même geste de communion, « à cause de Jésus et de l’évangile ». Et ces deux chrétiens en pleine « démonstration eucharistique» manifestaient à merveille la richesse des ministères et la beauté de leur collaboration, sous le signe de la présence de Jésus à son Eglise. Il y avait quelque chose de conjugal chez le nouvel abbé et quelque chose d’eucharistique chez ce diacre marié. Leurs alliances, différentes mais complémentaires, se donnaient la main pour signifier finalement le même amour, celui du Christ qui nous appelle tous à accueillir et à vivre le mystère de l’alliance nouvelle et éternelle en son corps livré et en son sang versé.
Que d’amour ! que de services ! que de fêtes au goût d’eucharistie.
Pendant mais aussi après la messe.
1594 signes Claude Ducarroz
dimanche 28 novembre 2010
lundi 15 novembre 2010
La joie du pardon
La joie du pardon
C’est humain !
« Je ne suis qu’un homme, moi aussi. » Cette petite phrase de Pierre au centurion Corneille qui se prosternait à ses pieds m’aide souvent à être plus indulgent à l’égard des autres …et de moi-même aussi ! Oui, nous ne sommes tous que des humains, et par conséquent il nous arrive de faire du mal, plus ou moins consciemment. Inévitablement se pose alors la question : que vais-je faire du mal que j’ai commis ? et du mal qu’on m’a fait ? Il est là, devant moi, marqué dans ma sensibilité, imprimé dans ma conscience, à vive chair, comme une blessure subie ou provoquée.
Cette lésion est sans doute d’autant plus saignante ou infectée qu’elle est le fait de quelqu’un qu’on aime et qui nous aime. Les amoureux s’aiment plus fort que les autres, et peuvent aussi se blesser plus profondément. Il y a les petites égratignures quotidiennes, inévitables dans toutes les cohabitations humaines. Il y a, plus douloureux, ces bleus au cœur, qui proviennent des manques de respect, des colères injustes, de ces oublis qu’on nomme parfois « impardonnables ». Et puis, il peut y avoir ces coups de poignard que sont les infidélités ou les mensonges, capables de remettre en question une relation qu’on avait rêvée stable parce que sincère et exclusive.
Et la même question revient toujours, que je sois le fauteur ou la victime : qu’est-ce que je fais de cela ? Est-ce que je puis en faire quelque chose de positif, alors que tout me semble négatif ? Est-ce que nous pouvons, ensemble, en tirer un supplément de vie et d’amour, alors que tout paraît menacer, voire contredire, notre projet de bonheur en commun ? En termes chrétiens, est-ce qu’il y a, cachée au creux de la souffrance légitime et de l’échec apparent, une source de résurrection qui puisse faire refleurir, ne serait-ce qu’un brin en forme d’espérance, le désert de notre relation ?
Oui, nous dit le Seigneur Jésus. On appelle cela le pardon. Demandé, donné, reçu et même célébré.
Le mot et la chose
Le par-don, ce très beau mot qui peut aussi devenir un bon moment. Un don « par-dessus », surajouté et donc gratuit. Un cadeau qui redonne vie, un présent tout pascal. Mais à certaines conditions quand même.
Le pardon suppose une vérité partagée, celle qui s’exprime et s’écoute jusqu’au bout d’elle-même. Pour le fauteur, c’est reconnaître le mal commis, avouer humblement mais sans se sentir humilié, avec ce premier bonheur qu’est une certaine libération. « J’ai reconnu, je me sens mieux, c’est moins pesant » Nous avons tous éprouvé ce sentiment qui nous aide à mieux respirer dans notre conscience. Mais l’aveu n’est jamais à sens unique. La brûlure du lésé doit aussi pouvoir se dire, avec toutes les nuances du ressenti forcément subjectif et peut-être exagéré dans ses interprétations. Qu’importe ! Il faut que cette bile délétère puisse sortir. Là aussi, c’est une libération. Et un premier baume de tendresse lorsque l’aveu comme la souffrance trouvent chez l’autre un cœur qui écoute, qui compatit et peut-être finit par comprendre à défaut d’excuser déjà. Le pardon est réalisé lorsque deux douleurs avouées finissent par s’embrasser pour devenir des douceurs partagées. Il y a dans cette nouvelle alliance une étonnante puissance de recommencement, de renouveau, de résurrection. Peut-être la mémoire va-t-elle demeurer comme une cicatrice vigilante qui mettra du temps à s’effacer. Nous ne maîtrisons pas complètement nos souvenirs, et nos sentiments peuvent parfois relever la tête en forme de ressentiments. C’est humain, c’est normal. Mais l’essentiel aura été accompli : le pardon a fleuri en miséricorde, un mot magnifique qui recouvre une réalité encore plus belle. Oui, un cœur qui absorbe une misère au point de la digérer sous le feu d’un amour plus fort que l’offense, une charité capable de redonner vie à ce qui semblait mort, une opération de type pascal.
Comme Jésus, avec Jésus
Pâques ! Nous y voilà. Le pardon n’est possible en profondeur et durable en réalité que s’il vient puiser sa sève au pied de la croix du Ressuscité.
Jésus était l’innocent parfait. Il avait tout à pardonner et rien à se faire pardonner, ce à quoi personne parmi nous ne peut prétendre. Même les plus saints sont aussi parfois des coupables. Ou l’ont été. Donc…
Jésus a voulu aussi faire la vérité quand il dit à ses bourreaux : « Si j’ai mal parlé, dis-moi où est le mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn18,23). Mais surtout, à ceux qui reconnaissaient leurs fautes comme à ceux qui ne savaient pas tout le mal qu’ils avaient fait –ça arrive aussi dans les couples-, Jésus a prié le Père de leur pardonner, au point de dire au larron repentant : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » La grande icône du pardon qui redonne vie est présentée par l’apôtre Jean après la mort de Jésus, quand le sang et l’eau ont coulé de son côté transpercé par le coup de lance. Là, c’était vraiment la miséricorde, le cœur de Jésus ouvert sur nos misères, pour les brûler toutes dans le brasier de son amour vainqueur. Et deux jours après, il était ressuscité et pouvait dire à ces pauvres pécheurs d’apôtres contrits : « La paix soit avec vous ! Les péchés seront remis à qui vous les remettrez ». (Jn 20, 19 et 23).
Je ne puis m’empêcher d’évoquer l’une des plus belles joies du ministère du prêtre, à savoir le sacrement de la réconciliation célébré en couple. Après les épreuves des éraflures, voire des entailles faites à l’amour conjugal, il est si beau, fût-ce dans les larmes, de se retrouver ainsi à trois pour faire le point, pour accoucher de la vérité -ce mal causé ce mal subi- et finalement de tout déposer au pied de la croix pour repartir ensemble en fils et fille de la résurrection, dans la force du pardon reçu ensemble. Car ce sacrement n’est pas seulement celui qui efface un passé triste ou décevant. Il confère la grâce de la conversion et le fortifiant de la guérison.
Alors, en toute vérité et humilité, dans la conscience de leurs fragilités humaines, mais appuyés sur les énergies du sacrement de mariage ranimé, les époux peuvent à nouveau s’embrasser. Après l’amour et avant de s’endormir, ils peuvent re-prier ensemble cette prière que le Seigneur nous a enseignée : « Notre Père, pardonne-nous comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, et délivre-nous du Mal. »
Le bonheur retrouvé !
Claude Ducarroz
C’est humain !
« Je ne suis qu’un homme, moi aussi. » Cette petite phrase de Pierre au centurion Corneille qui se prosternait à ses pieds m’aide souvent à être plus indulgent à l’égard des autres …et de moi-même aussi ! Oui, nous ne sommes tous que des humains, et par conséquent il nous arrive de faire du mal, plus ou moins consciemment. Inévitablement se pose alors la question : que vais-je faire du mal que j’ai commis ? et du mal qu’on m’a fait ? Il est là, devant moi, marqué dans ma sensibilité, imprimé dans ma conscience, à vive chair, comme une blessure subie ou provoquée.
Cette lésion est sans doute d’autant plus saignante ou infectée qu’elle est le fait de quelqu’un qu’on aime et qui nous aime. Les amoureux s’aiment plus fort que les autres, et peuvent aussi se blesser plus profondément. Il y a les petites égratignures quotidiennes, inévitables dans toutes les cohabitations humaines. Il y a, plus douloureux, ces bleus au cœur, qui proviennent des manques de respect, des colères injustes, de ces oublis qu’on nomme parfois « impardonnables ». Et puis, il peut y avoir ces coups de poignard que sont les infidélités ou les mensonges, capables de remettre en question une relation qu’on avait rêvée stable parce que sincère et exclusive.
Et la même question revient toujours, que je sois le fauteur ou la victime : qu’est-ce que je fais de cela ? Est-ce que je puis en faire quelque chose de positif, alors que tout me semble négatif ? Est-ce que nous pouvons, ensemble, en tirer un supplément de vie et d’amour, alors que tout paraît menacer, voire contredire, notre projet de bonheur en commun ? En termes chrétiens, est-ce qu’il y a, cachée au creux de la souffrance légitime et de l’échec apparent, une source de résurrection qui puisse faire refleurir, ne serait-ce qu’un brin en forme d’espérance, le désert de notre relation ?
Oui, nous dit le Seigneur Jésus. On appelle cela le pardon. Demandé, donné, reçu et même célébré.
Le mot et la chose
Le par-don, ce très beau mot qui peut aussi devenir un bon moment. Un don « par-dessus », surajouté et donc gratuit. Un cadeau qui redonne vie, un présent tout pascal. Mais à certaines conditions quand même.
Le pardon suppose une vérité partagée, celle qui s’exprime et s’écoute jusqu’au bout d’elle-même. Pour le fauteur, c’est reconnaître le mal commis, avouer humblement mais sans se sentir humilié, avec ce premier bonheur qu’est une certaine libération. « J’ai reconnu, je me sens mieux, c’est moins pesant » Nous avons tous éprouvé ce sentiment qui nous aide à mieux respirer dans notre conscience. Mais l’aveu n’est jamais à sens unique. La brûlure du lésé doit aussi pouvoir se dire, avec toutes les nuances du ressenti forcément subjectif et peut-être exagéré dans ses interprétations. Qu’importe ! Il faut que cette bile délétère puisse sortir. Là aussi, c’est une libération. Et un premier baume de tendresse lorsque l’aveu comme la souffrance trouvent chez l’autre un cœur qui écoute, qui compatit et peut-être finit par comprendre à défaut d’excuser déjà. Le pardon est réalisé lorsque deux douleurs avouées finissent par s’embrasser pour devenir des douceurs partagées. Il y a dans cette nouvelle alliance une étonnante puissance de recommencement, de renouveau, de résurrection. Peut-être la mémoire va-t-elle demeurer comme une cicatrice vigilante qui mettra du temps à s’effacer. Nous ne maîtrisons pas complètement nos souvenirs, et nos sentiments peuvent parfois relever la tête en forme de ressentiments. C’est humain, c’est normal. Mais l’essentiel aura été accompli : le pardon a fleuri en miséricorde, un mot magnifique qui recouvre une réalité encore plus belle. Oui, un cœur qui absorbe une misère au point de la digérer sous le feu d’un amour plus fort que l’offense, une charité capable de redonner vie à ce qui semblait mort, une opération de type pascal.
Comme Jésus, avec Jésus
Pâques ! Nous y voilà. Le pardon n’est possible en profondeur et durable en réalité que s’il vient puiser sa sève au pied de la croix du Ressuscité.
Jésus était l’innocent parfait. Il avait tout à pardonner et rien à se faire pardonner, ce à quoi personne parmi nous ne peut prétendre. Même les plus saints sont aussi parfois des coupables. Ou l’ont été. Donc…
Jésus a voulu aussi faire la vérité quand il dit à ses bourreaux : « Si j’ai mal parlé, dis-moi où est le mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn18,23). Mais surtout, à ceux qui reconnaissaient leurs fautes comme à ceux qui ne savaient pas tout le mal qu’ils avaient fait –ça arrive aussi dans les couples-, Jésus a prié le Père de leur pardonner, au point de dire au larron repentant : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » La grande icône du pardon qui redonne vie est présentée par l’apôtre Jean après la mort de Jésus, quand le sang et l’eau ont coulé de son côté transpercé par le coup de lance. Là, c’était vraiment la miséricorde, le cœur de Jésus ouvert sur nos misères, pour les brûler toutes dans le brasier de son amour vainqueur. Et deux jours après, il était ressuscité et pouvait dire à ces pauvres pécheurs d’apôtres contrits : « La paix soit avec vous ! Les péchés seront remis à qui vous les remettrez ». (Jn 20, 19 et 23).
Je ne puis m’empêcher d’évoquer l’une des plus belles joies du ministère du prêtre, à savoir le sacrement de la réconciliation célébré en couple. Après les épreuves des éraflures, voire des entailles faites à l’amour conjugal, il est si beau, fût-ce dans les larmes, de se retrouver ainsi à trois pour faire le point, pour accoucher de la vérité -ce mal causé ce mal subi- et finalement de tout déposer au pied de la croix pour repartir ensemble en fils et fille de la résurrection, dans la force du pardon reçu ensemble. Car ce sacrement n’est pas seulement celui qui efface un passé triste ou décevant. Il confère la grâce de la conversion et le fortifiant de la guérison.
Alors, en toute vérité et humilité, dans la conscience de leurs fragilités humaines, mais appuyés sur les énergies du sacrement de mariage ranimé, les époux peuvent à nouveau s’embrasser. Après l’amour et avant de s’endormir, ils peuvent re-prier ensemble cette prière que le Seigneur nous a enseignée : « Notre Père, pardonne-nous comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, et délivre-nous du Mal. »
Le bonheur retrouvé !
Claude Ducarroz
Un sur vingt
Fleur de vie
Un sur vingt
Visite sur un chantier-école où se forment les ouvriers de la construction. Grutiers, machinistes, conducteurs de trax et autres engins impressionnants s’affairent sur le terrain. Il s’agit d’acquérir la compétence nécessaire tout en assurant l’indispensable sécurité. Je regarde avec une curiosité mêlée d’admiration ces hommes qui se préparent à construire nos maisons, nos routes, nos ponts etc… Un grand sérieux, presque grave, chez ces apprentis, et une conscience professionnelle rigoureuse chez leurs moniteurs.
Dans la maison qui sert de lieu d’enseignement et de rencontre, j’engage la conversation. Un chiffre m’étonne au point que j’ai demandé qu’on me le répète : chez nous, dans ce genre de travaux, il y a seulement un Suisse sur vingt. Autrement dit, 95% sont des étrangers.
Certains ajouteront aussitôt : la Suisse est bien généreuse, elle donne du boulot à beaucoup d’étrangers qui doivent être contents d’échapper au chômage chez eux en venant travailler chez nous. Mais on peut aussi regarder par l’autre bout de la lorgnette. Que ferions-nous dans le secteur de la construction sans ces étrangers qui accomplissent souvent les travaux les plus pénibles et les moins prisés par nos compatriotes ?
Et si l’on en finissait avec ces classements de type nationaliste ? Il y a des êtres humains, différents mais si semblables aussi, qui gagnent vaillamment leur vie en rendant de grands services à notre communauté humaine. Nous devons être solidaires, jusqu’à une convivance multicolore qui exclut toute discrimination.
C’est ça, le vrai chantier d’une humanité enfin fraternelle.
1616 signes Claude Ducarroz
Un sur vingt
Visite sur un chantier-école où se forment les ouvriers de la construction. Grutiers, machinistes, conducteurs de trax et autres engins impressionnants s’affairent sur le terrain. Il s’agit d’acquérir la compétence nécessaire tout en assurant l’indispensable sécurité. Je regarde avec une curiosité mêlée d’admiration ces hommes qui se préparent à construire nos maisons, nos routes, nos ponts etc… Un grand sérieux, presque grave, chez ces apprentis, et une conscience professionnelle rigoureuse chez leurs moniteurs.
Dans la maison qui sert de lieu d’enseignement et de rencontre, j’engage la conversation. Un chiffre m’étonne au point que j’ai demandé qu’on me le répète : chez nous, dans ce genre de travaux, il y a seulement un Suisse sur vingt. Autrement dit, 95% sont des étrangers.
Certains ajouteront aussitôt : la Suisse est bien généreuse, elle donne du boulot à beaucoup d’étrangers qui doivent être contents d’échapper au chômage chez eux en venant travailler chez nous. Mais on peut aussi regarder par l’autre bout de la lorgnette. Que ferions-nous dans le secteur de la construction sans ces étrangers qui accomplissent souvent les travaux les plus pénibles et les moins prisés par nos compatriotes ?
Et si l’on en finissait avec ces classements de type nationaliste ? Il y a des êtres humains, différents mais si semblables aussi, qui gagnent vaillamment leur vie en rendant de grands services à notre communauté humaine. Nous devons être solidaires, jusqu’à une convivance multicolore qui exclut toute discrimination.
C’est ça, le vrai chantier d’une humanité enfin fraternelle.
1616 signes Claude Ducarroz
lundi 8 novembre 2010
Les maienzettes
Fleur de vie
Les maïentzettes
Peut-être ne connaissez-vous pas cette charmante tradition fribourgeoise. Pour saluer le retour du printemps, les enfants passent de maison en maison afin de « chanter le 1er mai ». Ce qui met de la joie dans l’atmosphère de ce jour et garnit l’escarcelle des petits chanteurs de quelques sous bienvenus. C’est pour la bonne cause puisque -normalement- la récolte est destinée à faire un cadeau lors de la fête des mères et à enrichir la caisse de la prochaine course d’école.
Marinette est fière de ses deux filles. De bonnes chanteuses qu’elle observe en souriant depuis sa fenêtre. Que voit-elle ? Ces deux hirondelles du printemps vont d’abord chanter dans le cimetière, en s’arrêtant près de la tombe de la grand-maman récemment décédée. Ce qui étonne et en même temps édifie leur maman. « Alors, grand-maman vous a-t-elle donné quelque chose ? », interroge Marinette, mi curieuse mi ironique. Et la réponse fusa aussitôt : « Oui, grand-maman nous a donné beaucoup de bonheur quand elle était parmi nous. On est allé chanter pour lui dire merci. »
Certains chrétiens -pas tous- prient pour leurs morts dans l’esprit de la communion des saints. Mais, quelle que soit notre confession, nous pouvons tous dire merci à celles et ceux qui nous ont précédés dans le Royaume de Dieu après nous avoir fait tant de bien sur cette terre. Une fleur sur la tombe, une bougie allumée devant une photo, un moment de recueillement : il y a bien des manières de faire mémoire et de remercier.
Pourquoi pas ? On peut même chanter en souvenir de nos chers défunts.
Comme les maïentzettes de Fribourg.
1613 signes Claude Ducarroz
Les maïentzettes
Peut-être ne connaissez-vous pas cette charmante tradition fribourgeoise. Pour saluer le retour du printemps, les enfants passent de maison en maison afin de « chanter le 1er mai ». Ce qui met de la joie dans l’atmosphère de ce jour et garnit l’escarcelle des petits chanteurs de quelques sous bienvenus. C’est pour la bonne cause puisque -normalement- la récolte est destinée à faire un cadeau lors de la fête des mères et à enrichir la caisse de la prochaine course d’école.
Marinette est fière de ses deux filles. De bonnes chanteuses qu’elle observe en souriant depuis sa fenêtre. Que voit-elle ? Ces deux hirondelles du printemps vont d’abord chanter dans le cimetière, en s’arrêtant près de la tombe de la grand-maman récemment décédée. Ce qui étonne et en même temps édifie leur maman. « Alors, grand-maman vous a-t-elle donné quelque chose ? », interroge Marinette, mi curieuse mi ironique. Et la réponse fusa aussitôt : « Oui, grand-maman nous a donné beaucoup de bonheur quand elle était parmi nous. On est allé chanter pour lui dire merci. »
Certains chrétiens -pas tous- prient pour leurs morts dans l’esprit de la communion des saints. Mais, quelle que soit notre confession, nous pouvons tous dire merci à celles et ceux qui nous ont précédés dans le Royaume de Dieu après nous avoir fait tant de bien sur cette terre. Une fleur sur la tombe, une bougie allumée devant une photo, un moment de recueillement : il y a bien des manières de faire mémoire et de remercier.
Pourquoi pas ? On peut même chanter en souvenir de nos chers défunts.
Comme les maïentzettes de Fribourg.
1613 signes Claude Ducarroz
mercredi 27 octobre 2010
Les kilomètres?
Fleur de vie
Une question de kilomètres ?
Joie de retrouver de bons amis qui habitent le Sud-Ouest de la France. Comme ils sont très engagés dans l’Eglise, nous parlons de la situation respective de nos communautés chrétiennes à l’heure des restructurations pastorales.
Ressemblances et dissemblances !
Nous sommes tous confrontés au même manque de prêtres qui oblige à diminuer l’offre des célébrations eucharistiques. Dans les plus petites paroisses, la messe dominicale est célébrée de plus en plus rarement. Il faut donc que les fidèles s’habituent à bouger pour participer à la messe, à moins de se résigner au « jeûne eucharistique ».
Je découvre alors la dissemblance. Là-bas, les chrétiens parcourent volontiers 20 kilomètres et plus pour retrouver une véritable communauté et partager en Eglise la rencontre du Seigneur dans sa Parole et dans son Pain. La communion eucharistique et la communion ecclésiale ne méritent-elles pas cet effort ?
Et qu’est-ce que je constate chez nous ? Les distances sont beaucoup plus réduites –car nos clochers sont très proches-, mais une certaine paresse s’est installée, qui frise l’indifférence. Des chrétiens estiment qu’ils ont congé quand l’eucharistie ne leur est pas servie « à domicile », comme si c’était trop demandé de devoir parcourir 4 ou 5 kilomètres pour faire Eglise autour de la messe le dimanche ou le samedi soir.
Mais peut-être le problème est-il ailleurs. Avons-nous vraiment faim de l’eucharistie ? Avons-nous encore besoin de vivre en Eglise ?
A chacun sa réponse !
1525 signes Claude Ducarroz
Une question de kilomètres ?
Joie de retrouver de bons amis qui habitent le Sud-Ouest de la France. Comme ils sont très engagés dans l’Eglise, nous parlons de la situation respective de nos communautés chrétiennes à l’heure des restructurations pastorales.
Ressemblances et dissemblances !
Nous sommes tous confrontés au même manque de prêtres qui oblige à diminuer l’offre des célébrations eucharistiques. Dans les plus petites paroisses, la messe dominicale est célébrée de plus en plus rarement. Il faut donc que les fidèles s’habituent à bouger pour participer à la messe, à moins de se résigner au « jeûne eucharistique ».
Je découvre alors la dissemblance. Là-bas, les chrétiens parcourent volontiers 20 kilomètres et plus pour retrouver une véritable communauté et partager en Eglise la rencontre du Seigneur dans sa Parole et dans son Pain. La communion eucharistique et la communion ecclésiale ne méritent-elles pas cet effort ?
Et qu’est-ce que je constate chez nous ? Les distances sont beaucoup plus réduites –car nos clochers sont très proches-, mais une certaine paresse s’est installée, qui frise l’indifférence. Des chrétiens estiment qu’ils ont congé quand l’eucharistie ne leur est pas servie « à domicile », comme si c’était trop demandé de devoir parcourir 4 ou 5 kilomètres pour faire Eglise autour de la messe le dimanche ou le samedi soir.
Mais peut-être le problème est-il ailleurs. Avons-nous vraiment faim de l’eucharistie ? Avons-nous encore besoin de vivre en Eglise ?
A chacun sa réponse !
1525 signes Claude Ducarroz
vendredi 22 octobre 2010
L'autre face des rires
Fleur de vie
L’autre face des rires
C’est bien connu, au point de devenir un argument touristique : Lausanne est la capitale romande des noctambules. Jusqu’à plus d’heure le matin, la cité lémanique bruisse des ambiances criardes ou feutrées qui montent des boîtes de nuit, discothèques, troquets, salons de jeux (ou autres). Une ville où l’on s’amuse à gogo, surtout en fin de semaine. Voilà pour la face récréative.
Mais il y a aussi l’autre, qui exhale une odeur bien différente. J’en ai pris conscience en causant avec un policier qui sait de quoi il parle. Tous les week-ends, de nombreux agents de la sécurité publique sont sur le qui-vive, affrontés à toutes sortes de débordements. Ils sont sollicités des dizaines de fois pour calmer des gens alcoolisés ou drogués, réprimer des comportements dangereux, voire empêcher des drames. Et bonjour les dégâts aux propriétés, les coups et blessures, sans compter les séquelles délétères pour la santé physique et morale, notamment parmi les jeunes. « Je vois des choses que je n’aurais jamais cru voir », avoue le brave fonctionnaire.
Notre société permissive, qui fait de sa tolérance une attraction économique, se garde bien de nous présenter les comptes des déprédations matérielles et des dépravations morales suscitées par son indulgence ultralibérale. Et c’est aux braves gens, qui savent s’amuser raisonnablement, de payer les factures !
Mettre des limites claires sans tomber dans la dictature de la vertu, c’est le rôle de nos autorités. C’est aussi notre responsabilité à tous. Afin que notre société ne périsse pas de ses propres excès, comme d’autres empires avant nous.
1629 signes Claude Ducarroz
L’autre face des rires
C’est bien connu, au point de devenir un argument touristique : Lausanne est la capitale romande des noctambules. Jusqu’à plus d’heure le matin, la cité lémanique bruisse des ambiances criardes ou feutrées qui montent des boîtes de nuit, discothèques, troquets, salons de jeux (ou autres). Une ville où l’on s’amuse à gogo, surtout en fin de semaine. Voilà pour la face récréative.
Mais il y a aussi l’autre, qui exhale une odeur bien différente. J’en ai pris conscience en causant avec un policier qui sait de quoi il parle. Tous les week-ends, de nombreux agents de la sécurité publique sont sur le qui-vive, affrontés à toutes sortes de débordements. Ils sont sollicités des dizaines de fois pour calmer des gens alcoolisés ou drogués, réprimer des comportements dangereux, voire empêcher des drames. Et bonjour les dégâts aux propriétés, les coups et blessures, sans compter les séquelles délétères pour la santé physique et morale, notamment parmi les jeunes. « Je vois des choses que je n’aurais jamais cru voir », avoue le brave fonctionnaire.
Notre société permissive, qui fait de sa tolérance une attraction économique, se garde bien de nous présenter les comptes des déprédations matérielles et des dépravations morales suscitées par son indulgence ultralibérale. Et c’est aux braves gens, qui savent s’amuser raisonnablement, de payer les factures !
Mettre des limites claires sans tomber dans la dictature de la vertu, c’est le rôle de nos autorités. C’est aussi notre responsabilité à tous. Afin que notre société ne périsse pas de ses propres excès, comme d’autres empires avant nous.
1629 signes Claude Ducarroz
mardi 19 octobre 2010
Deux homélies
Deux homélies
Saillon VS 11 septembre 2010
Lectures du 24ème dimanche C
Ca suffit ! J’en ai assez de ces slogans bêtes et méchants :
- La religion, c’est la tristesse, la foi c’est la consternation.
- L’Eglise, c’est l’austérité et le reproche perpétuels
- Etre chrétien, c’est se condamner à l’amertume et à la désolation.
J’ai compté : dans les 10 premiers versets de l’évangile de ce jour, il y a 5 fois la joie ou « réjouissez-vous ». Il y a même 4 fois une fête autour d’un repas où l’on mange et boit…comme on sait le faire en Valais. C’est Saillon sur Cana !
Et pourtant c’était mal parti et ça aurait pu mal tourner, tomber dans la dépression.
- La compagnie ? Des pécheurs pas très recommandables, ainsi que le font remarquer les scribes et les pharisiens.
- Une brebis perdue qu’il faut aller chercher, peut-être pour l’arracher à la gueule d’un loup valaisan.
- Une pièce d’argent perdue, mais surtout le 10ème de la fortune. Imaginez cela chez M. Constantin dans la caisse du FC Sion.
- Pire encore : un fils perdu qu’on croyait mort parce qu’il était parti faire la noce jusqu’à la déchéance.
Et c’est dans ce contexte que l’Evangile inscrit la fête et la joie : « mangeons et festoyons ! »
Bien sûr, il ne s’agit pas d’une fête pour nier les problèmes, fermer les yeux sur les drames, oublier les épreuves. Le contraire de notre société, avec toutes ses propositions de divertissements de consommation qui sont si souvent des drogues modernes. Il y a tant de paradis artificiels pour fuir le réel et ses contraintes, se dérober à la vie et à ses misères comme on anesthésie un malade. Et on se retrouve au petit matin blême plus malheureux, plus seul, plus désespéré qu’avant.
Alors comment faire mieux ? Il faut une transformation, un passage, une transfiguration, une résurrection, un transit de la mort à la vie.
Vous me direz que c’est bien difficile quand on est dans le deuil et le malheur. Oui, mais ce n’est pas impossible, à deux conditions.
I. Qu’il y ait quelqu’un avec nous qui continue d’aimer, d’aimer malgré tout, et même malgré nous,
quelqu’un qui donne, redonne, pardonne, comme le Christ qui fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux.
Mais ne serait-ce pas cela, la messe ?
Et puis il y a la figure du père de toute miséricorde, qui brûle dans son cœur ouvert toutes nos misères. On le voit bien : il respecte la liberté de son fils qui décide de partir, il partage ses biens avec lui, il guette son retour, il est tout remué de pitié, il court embrasser le revenant, il refait alliance avec lui en lui remettant le vêtement, les sandales et l’anneau. Il fait la fête du retour. Mais n’y a-t-il pas un sacrement pour cela : le pardon ?
II. Et puis savoir partager avec d’autres, vivre en communauté comme Jésus qui faisait toujours « table ouverte », comme le berger et la ménagère qui réunissent les voisins et amis pour la fête des retrouvailles, comme le père qui met à l’œuvre ses serviteurs pour la fête et va même chercher le fis aîné réticent afin que personne ne manque au festin pascal.
C’est ça, l’Eglise, pour moi, cette communauté chrétienne où tous sont invités, personne ne doit se sentir exclu, où on insiste pour que tous viennent tout en respectant la liberté de chacun.
Saillon sait fêter et s’apprête à le faire encore plus et mieux. Que ce soit dans l’esprit de cet évangile, en invitant aussi le Christ, celui qui sait le mieux inviter, jusqu’au pardon, jusqu’à l’eucharistie, ce Christ qui nous révèle Dieu comme un père de famille nombreuse…nous !
Et puis vous saurez partager largement, à commencer par l’attention aux plus pauvres, aux « prodigues », aux étrangers, aux solitaires, aux différents.
Je retiens ce beau geste du pain et du vin partagés, qui ont goût d’eucharistie et de solidarité.
Vous allez retourner sur votre passé, mais que ce soit pour en retenir le meilleur, à savoir la foi, l’accueil chaleureux, le partage large. Et votre avenir sera de bonheur, chrétien parce que humain, humain parce que chrétien.
Qu’il en soit ainsi ! Amen
Claude Ducarroz
Dans l’ancienne église de Montbrelloz
le 16 octobre 2010
Pour maman Marguerite
1910 – 1987 – 2010
Dans ce lieu –l’église de mon baptême-, il y a des choses et des personnes.
Il y a des choses. Elles nous parlent, elles nous racontent, par les souvenirs auxquels elles furent associées. Nous avons vécu tant d’évènements dans ce lieu. Ces choses ont fait nos histoires et notre histoire. Et puis elles sont des symboles, des ouvertures de sens, des clairières de beauté, notamment par l’art sous toutes ses formes, et maintenant ces nouveaux vitraux.
Et surtout il y a les personnes, celles qui nous ont marqués à jamais, qui ont compté et comptent encore pour nous. Comment ne pas évoquer d’abord celles qui nous ont donné la vie par amour, et toutes les autres, sources d’innombrables cadeaux dont nous vivons encore ? Dans ces lieux et autour de ces lieux, il y eut tant d’amour, de travail, de sacrifices…pour nous ! Nous avons tant reçu, donné aussi et partagé ! Dans la besace de nos vies, il y a encore ces trésors secrets dans lesquels nous puisons, comme à une source intime à laquelle nous allons nous désaltérer.
Ici, nous retrouvons le sens de la tradition et aussi de la transmission, avec la joie du rayonnement durable et du partage fraternel. Mais ici nous mesurons aussi que tout passe, les choses, lentement, et nous aussi, parfois brusquement comme on a pu le déplorer pour notre cher Jacquy.
Nous voudrions retenir, surtout les personnes aimées évidemment, mais c’est tellement au dessus de nos pauvres capacités. Nous passons, nous passerons aussi.
Et puis il y a Jésus le Christ. Alors tout change, tout est bouleversé, transfiguré. Il a passé comme nous, y compris par la mort. Et il a tout dépassé, y compris la mort, avant nous, pour nous, avec nous ou plutôt nous avec lui. C’est la perspective de Pâques. N’avons-nous pas inscrit « alleluia » sur les tombes de nos parents ? Comment cela va-t-il se faire ? Je n’en sais rien et je ne suis pas curieux. Mais je crois que c’est ainsi. Nous en avons un indice : cette communion de mémoire en nos cœurs. Et puis cette bonne nouvelle : la communion des saints.
Nos bien-aimés sont en réserve dans le cœur de Dieu pour servir de cadeau d’amour dans un revoir promis…et donc espéré.
Car Dieu est Amour, et cet amour est plus fort que la mort.
Claude Ducarroz
Saillon VS 11 septembre 2010
Lectures du 24ème dimanche C
Ca suffit ! J’en ai assez de ces slogans bêtes et méchants :
- La religion, c’est la tristesse, la foi c’est la consternation.
- L’Eglise, c’est l’austérité et le reproche perpétuels
- Etre chrétien, c’est se condamner à l’amertume et à la désolation.
J’ai compté : dans les 10 premiers versets de l’évangile de ce jour, il y a 5 fois la joie ou « réjouissez-vous ». Il y a même 4 fois une fête autour d’un repas où l’on mange et boit…comme on sait le faire en Valais. C’est Saillon sur Cana !
Et pourtant c’était mal parti et ça aurait pu mal tourner, tomber dans la dépression.
- La compagnie ? Des pécheurs pas très recommandables, ainsi que le font remarquer les scribes et les pharisiens.
- Une brebis perdue qu’il faut aller chercher, peut-être pour l’arracher à la gueule d’un loup valaisan.
- Une pièce d’argent perdue, mais surtout le 10ème de la fortune. Imaginez cela chez M. Constantin dans la caisse du FC Sion.
- Pire encore : un fils perdu qu’on croyait mort parce qu’il était parti faire la noce jusqu’à la déchéance.
Et c’est dans ce contexte que l’Evangile inscrit la fête et la joie : « mangeons et festoyons ! »
Bien sûr, il ne s’agit pas d’une fête pour nier les problèmes, fermer les yeux sur les drames, oublier les épreuves. Le contraire de notre société, avec toutes ses propositions de divertissements de consommation qui sont si souvent des drogues modernes. Il y a tant de paradis artificiels pour fuir le réel et ses contraintes, se dérober à la vie et à ses misères comme on anesthésie un malade. Et on se retrouve au petit matin blême plus malheureux, plus seul, plus désespéré qu’avant.
Alors comment faire mieux ? Il faut une transformation, un passage, une transfiguration, une résurrection, un transit de la mort à la vie.
Vous me direz que c’est bien difficile quand on est dans le deuil et le malheur. Oui, mais ce n’est pas impossible, à deux conditions.
I. Qu’il y ait quelqu’un avec nous qui continue d’aimer, d’aimer malgré tout, et même malgré nous,
quelqu’un qui donne, redonne, pardonne, comme le Christ qui fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux.
Mais ne serait-ce pas cela, la messe ?
Et puis il y a la figure du père de toute miséricorde, qui brûle dans son cœur ouvert toutes nos misères. On le voit bien : il respecte la liberté de son fils qui décide de partir, il partage ses biens avec lui, il guette son retour, il est tout remué de pitié, il court embrasser le revenant, il refait alliance avec lui en lui remettant le vêtement, les sandales et l’anneau. Il fait la fête du retour. Mais n’y a-t-il pas un sacrement pour cela : le pardon ?
II. Et puis savoir partager avec d’autres, vivre en communauté comme Jésus qui faisait toujours « table ouverte », comme le berger et la ménagère qui réunissent les voisins et amis pour la fête des retrouvailles, comme le père qui met à l’œuvre ses serviteurs pour la fête et va même chercher le fis aîné réticent afin que personne ne manque au festin pascal.
C’est ça, l’Eglise, pour moi, cette communauté chrétienne où tous sont invités, personne ne doit se sentir exclu, où on insiste pour que tous viennent tout en respectant la liberté de chacun.
Saillon sait fêter et s’apprête à le faire encore plus et mieux. Que ce soit dans l’esprit de cet évangile, en invitant aussi le Christ, celui qui sait le mieux inviter, jusqu’au pardon, jusqu’à l’eucharistie, ce Christ qui nous révèle Dieu comme un père de famille nombreuse…nous !
Et puis vous saurez partager largement, à commencer par l’attention aux plus pauvres, aux « prodigues », aux étrangers, aux solitaires, aux différents.
Je retiens ce beau geste du pain et du vin partagés, qui ont goût d’eucharistie et de solidarité.
Vous allez retourner sur votre passé, mais que ce soit pour en retenir le meilleur, à savoir la foi, l’accueil chaleureux, le partage large. Et votre avenir sera de bonheur, chrétien parce que humain, humain parce que chrétien.
Qu’il en soit ainsi ! Amen
Claude Ducarroz
Dans l’ancienne église de Montbrelloz
le 16 octobre 2010
Pour maman Marguerite
1910 – 1987 – 2010
Dans ce lieu –l’église de mon baptême-, il y a des choses et des personnes.
Il y a des choses. Elles nous parlent, elles nous racontent, par les souvenirs auxquels elles furent associées. Nous avons vécu tant d’évènements dans ce lieu. Ces choses ont fait nos histoires et notre histoire. Et puis elles sont des symboles, des ouvertures de sens, des clairières de beauté, notamment par l’art sous toutes ses formes, et maintenant ces nouveaux vitraux.
Et surtout il y a les personnes, celles qui nous ont marqués à jamais, qui ont compté et comptent encore pour nous. Comment ne pas évoquer d’abord celles qui nous ont donné la vie par amour, et toutes les autres, sources d’innombrables cadeaux dont nous vivons encore ? Dans ces lieux et autour de ces lieux, il y eut tant d’amour, de travail, de sacrifices…pour nous ! Nous avons tant reçu, donné aussi et partagé ! Dans la besace de nos vies, il y a encore ces trésors secrets dans lesquels nous puisons, comme à une source intime à laquelle nous allons nous désaltérer.
Ici, nous retrouvons le sens de la tradition et aussi de la transmission, avec la joie du rayonnement durable et du partage fraternel. Mais ici nous mesurons aussi que tout passe, les choses, lentement, et nous aussi, parfois brusquement comme on a pu le déplorer pour notre cher Jacquy.
Nous voudrions retenir, surtout les personnes aimées évidemment, mais c’est tellement au dessus de nos pauvres capacités. Nous passons, nous passerons aussi.
Et puis il y a Jésus le Christ. Alors tout change, tout est bouleversé, transfiguré. Il a passé comme nous, y compris par la mort. Et il a tout dépassé, y compris la mort, avant nous, pour nous, avec nous ou plutôt nous avec lui. C’est la perspective de Pâques. N’avons-nous pas inscrit « alleluia » sur les tombes de nos parents ? Comment cela va-t-il se faire ? Je n’en sais rien et je ne suis pas curieux. Mais je crois que c’est ainsi. Nous en avons un indice : cette communion de mémoire en nos cœurs. Et puis cette bonne nouvelle : la communion des saints.
Nos bien-aimés sont en réserve dans le cœur de Dieu pour servir de cadeau d’amour dans un revoir promis…et donc espéré.
Car Dieu est Amour, et cet amour est plus fort que la mort.
Claude Ducarroz
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